SITUATION DU CHOLÉRA DANS LE MONDE – LE MAROC RESTE VIGILANT

Plus de 400.000 cas dans le monde, 31 pays touchés, et une dynamique portée par les grandes fractures de notre époque : conflits, exodes, dérèglement climatique. Le choléra revient, non pas comme une simple maladie, mais comme un révélateur de nos vulnérabilités globales. Le Maroc, encore épargné, doit néanmoins rester vigilant. C’est en tout cas l’avis des spécialistes qui, tout en se montrant rassurants, insistent sur la nécessité de ne pas baisser la garde, notamment dans les zones reculées ou fragilisées par la sécheresse.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de tirer la sonnette d’alarme. Les cas decholéra ne cessent d’augmenter à l’échelle mondiale. Plus de 400.000 contaminationsont été recensées en 2025, réparties dans 31 pays. Une dynamique inquiétante, portée par des facteurs multiples et souvent liés : conflits armés, déplacements massifs de populations, catastrophes naturelles, mais aussi conséquences du changement climatique. Alors que plusieurs États durcissent leurs dispositifs sanitaires, au Maroc, aucun communiqué officiel n’a été publié à ce jour par le ministère de la Santé. Est-ce à dire que le Royaume est à l’abri ? difficile de répondre à cette question par l’affirmative ou la négative. En tous cas, les spécialistes contactés par «Le Matin» se veulent à la fois prudents et rassurants. Pour les chercheurs en politiques et systèmes de santé, le pays ne présente à ce jour aucun signe d’alerte particulier. Les experts  tiennent à préciser que même en présence d’un cas importé, à lui seul, il ne suffit pas à déclencher une épidémie. Le choléra ne se propage que dans des contextes de grande précarité : absence d’accès à l’eau potable, défaillance des systèmes d’assainissement et conditions d’hygiène très dégradées. Ces vulnérabilités sont souvent amplifiées par des épisodes climatiques extrêmes ou des flux migratoires incontrôlés. Or, sur ce point, le Maroc dispose d’atouts notables. Selon les autorités, le pays se distingue positivement par ses infrastructures sanitaires et ses capacités de réponse. Un avis que partage d’autres spécialistes qui insistent sur le niveau de préparation du système marocain. «Le risque est heureusement très faible. Nous avons des cellules de veille sanitaire permanentes et un accès aux soins largement plus adapté que dans les pays les plus touchés. Les conditions d’hygiène et la disponibilité de l’eau potable sur l’ensemble du territoire réduisent drastiquement les risques de contamination». Pour autant, les deux médecins s’accordent sur un point essentiel : la vigilance doit rester de mise. S’agissant de la transmission, les experts rappellent que le choléra est une maladie bactérienne hydrique, transmise par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Une personne infectée, même asymptomatique, peut excréter la bactérie et contaminer son environnement. C’est précisément cette discrétion de la bactérie qui complique parfois le diagnostic. «Le risque devient réel lorsque de l’eau souillée est utilisée pour laver des aliments, irriguer des cultures ou être consommée directement», avancent les médecins. À la lumière de cette recrudescence mondiale, le choléra réaffirme son statut de vieille menace toujours d’actualité. Si le Maroc se situe aujourd’hui en dehors de la zone de danger immédiat, l’enjeu est clair : préserver les acquis et ne jamais baisser la garde.