RÉVEILLONS-NOUS AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

Le Maroc, un pays aux multiples facettes, navigue entre modernité et traditions, opportunités économiques et défis sociaux. Alors que des progrès notables ont été réalisés ces dernières années, des questions fondamentales demeurent, compromettant l’harmonie sociale et le développement durable. La pauvreté continue de ronger notre tissu social. Malheureusement, près de 9 % de la population vit encore en dessous du seuil de pauvreté, selon les statistiques (mais le ressenti dépasse les 50 %,)  surtout dans nos régions rurales, souvent oubliées. On dit souvent que  les promesses n’engagent que ceux qui y croient , et il est temps que ces promesses se traduisent en actions concrètes. Mettons en œuvre des programmes de développement local ciblant ces zones, investissons dans les infrastructures, l’éducation et la santé, et n’hésitons pas à encourager les partenariats public-privé pour dynamiser l’économie locale et créer des emplois.

En parallèle, le climat d’impunité et de corruption érode la confiance des citoyens envers nos institutions. « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent », et il est grand temps de renforcer les mécanismes de transparence, d’établir des audits réguliers, et de mettre en place une autorité indépendante de lutte contre la corruption. Promouvoir la participation citoyenne dans les processus décisionnels est essentiel pour garantir une gouvernance responsable. 

Notre système de santé, bien qu’il soit gratuit, fait face à des défis majeurs. Avec un manque de personnel et d’infrastructures adéquates, il est crucial d’investir dans la formation et le recrutement de professionnels de la santé, tout en améliorant les infrastructures médicales dans les régions défavorisées. Mes chers lecteurs, il est temps de jeter un regard percutant sur le secteur des cliniques privées au Maroc, un domaine qui mérite une introspection sévère. La réalité est troublante : la valeur déclarative pour les impôts de ces établissements ne représente qu’une infime fraction – à peine 10 % – de ce qui devrait réellement être rapporté. Ce phénomène ne fait qu’accroître les inégalités, alors que les citoyens continuent de soutenir un système de santé qui devrait être au service de tous. Que dire des professeurs et médecins qui désertent l’hôpital public avec une régularité déconcertante ? Leur absence répétée fait peser un poids inacceptable sur le système. 

Il est peut-être temps de tirer des leçons d’un passé où la solidarité et la responsabilité collective prenaient le pas sur l’individualisme. Un retour à certaines valeurs que l’on pourrait qualifier de « communistes » pourrait nous rappeler l’importance de la contribution au bien commun. De tels enseignements pourraient servir de balise face à ceux que l’on pourrait qualifier de « gangsters de la nation », qui profitent des failles du système pour s’enrichir aux dépens de la santé publique.

Mais ne nous arrêtons pas là. Pensons à d’autres domaines où le manque de transparence et de responsabilité s’illustre : l’immobilier, où des pratiques douteuses minent la confiance des citoyens, ou l’éducation, où les inégalités d’accès aux ressources et aux opportunités continuent de perpétuer un cycle de pauvreté. Nous devons exiger des changements radicaux, imposer des mécanismes de contrôle stricts et promouvoir une éthique professionnelle irréprochable. 

En somme, il est impératif d’instaurer un véritable système de redevabilité qui place l’intérêt général au-dessus des intérêts particuliers. Le Maroc mérite une réforme profonde, qui valorise le service public et rétablit la confiance entre les citoyens et ceux qui sont censés veiller sur leur bien-être.…. Comme on dit, « mieux vaut prévenir que guérir », alors développons des programmes de santé préventive pour sensibiliser notre population.

L’éducation est la clé de notre avenir. Avec des lacunes dans la qualité et l’accès, le taux de décrochage scolaire, particulièrement élevé dans les zones rurales, témoigne d’une crise éducative. « On n’apprend pas aux vieux singes à faire des grimaces », mais il est temps de réformer notre curriculum pour le rendre plus adapté aux besoins du marché du travail. Encourageons le mentorat et les programmes de bourses pour nos jeunes issus des milieux défavorisés. La justice, quant à elle, est souvent perçue comme biaisée. Avec des lenteurs judiciaires qui minent la confiance, il est impératif d’établir des tribunaux spécialisés pour les affaires civiles et commerciales afin d’accélérer les procédures. Renforcer la formation des magistrats sur les droits humains et l’éthique judiciaire est essentiel pour garantir l’indépendance de notre système. Et que dire des incivilités qui rongent notre société ? « La mauvaise herbe pousse vite », et il est temps de mettre en place des campagnes de sensibilisation sur la citoyenneté et le vivre-ensemble. Encourager la participation des jeunes à des projets communautaires et créer des espaces de dialogue pour aborder les enjeux sociaux est crucial pour promouvoir la cohésion. En matière d’égalité des droits, chaque citoyen, qu’il soit de Rabat ou d’une région sinistrée comme le Haouz, mérite un accès équitable aux services publics. Prenons l’exemple de la Royal Air Maroc (RAM). Les tarifs exorbitants pratiqués par la compagnie aérienne, atteignant jusqu’à trois fois ceux d’Air France pour un aller simple Rabat-Paris, illustrent un manque de respect pour les citoyens. « Quand on n’a pas de tête, il faut avoir des jambes », et la qualité du service de la RAM laisse à désirer. Cette compagnie, qui devrait être un symbole de fierté nationale, est perçue par certains comme une simple compagnie charter, dévalorisant ainsi son image.

À travers ces réflexions, nous ne pouvons ignorer les critiques acerbes de certains observateurs, comme cette Française d’El Jadida qui décrit Marrakech, autrefois vibrante, comme une colonie de vacances pour bobos en quête d’exotisme. Elle dépeint une ville occupée par des acheteurs en quête de rendement, des influenceurs cherchant des décors, et des expatriés désireux de vivre une spiritualité tout confort. Marrakech, réduite à un showroom, n’est plus habitée, mais occupée. Les riads sont rebaptisés, aseptisés, et dépossédés de leur âme. Ce phénomène illustre une déconnexion flagrante entre les étrangers et les Marocains, où la culture est souvent consommée sans respect ni compréhension. Pour vivre « entre soi » dans un pays qui ne vous appartient pas, il faut, comme le souligne notre observatrice, apprendre à se taire et à respecter l’héritage culturel qui nous entoure.

Enfin, il est essentiel de reconnaître que le véritable chantier du Maroc ne réside pas uniquement dans les infrastructures, mais dans la moralité collective. Avec la Coupe du monde 2030 en ligne de mire, le défi majeur sera d’inculquer des valeurs de civisme et de respect. La crise actuelle ne se résume pas à des questions de béton, mais à un enjeu comportemental, à une conscience collective à réveiller. L’image choquante d’un manifestant agressant un pompier n’est pas un simple incident, mais un diagnostic douloureux de notre société. Nous devons tous prendre conscience que l’éducation, le respect et la dignité sont les fondements d’une nation prospère.

Chers lecteurs, en tant que patriote, je rêve d’un Maroc où chaque voix compte, où chaque citoyen se sent valorisé. Mon journal hebdomadaire, « Le Maroc », est une fenêtre ouverte sur cette réalité, un appel à recalibrer notre regard sur nos concitoyens et à les reconsidérer dans toutes leurs dimensions. Nous avons besoin d’une stratégie d’État qui exprime la volonté du peuple, une vision claire que Sa Majesté le Roi ne cesse de promouvoir. Nous devons nous rappeler que derrière chaque décision politique, il y a une équipe sincère qui travaille jour et nuit, souvent au détriment de leur propre confort. Mais n’oublions pas, chers amis, que leurs enfants ne voient pas grandir dans la prospérité que nous leur offrons grâce à notre labeur et à nos sacrifices.

C’est notre devoir de partager avec eux notre quotidien, de les nourrir de nos expériences, qu’elles soient positives ou négatives. Ensemble, levons-nous pour un Maroc d’abord. Réveillons-nous avant qu’il ne soit trop tard. Ce n’est qu’en unissant nos forces, en plaçant le bien-être de notre nation au-dessus de nos intérêts personnels, que nous pourrons espérer construire un avenir radieux.

Enfin , je vous laisse avec cette citation marquante : « Il n’existe pas de chemin vers la paix, la paix est le chemin. » Soyons ce chemin, soyons cette paix, pour notre Maroc et pour nos enfants.,

Ne choisissons pas la voie du suicide collectif, mais plutôt celle d’un défi collectif.