ATTIJARIWAFA BANK MAINTIENT SON BÉNÉFICE À 5,9 MILLIARDS DE DIRHAMS ET OUVRE LE CHANTIER DE « GOAL 2030 »

Attijariwafa bank a traversé le premier semestre 2026 sur une trajectoire de croissance maîtrisée. Le premier groupe bancaire marocain a dégagé un résultat net part du groupe de 5,9 milliards de dirhams, en légère hausse de 1,1 % sur un an. Une progression contenue, mais soutenue par l’expansion des activités de crédit et de collecte de l’épargne, aussi bien au Maroc que dans les autres marchés où la banque est implantée.
Le produit net bancaire consolidé s’est établi à 18,4 milliards de dirhams, soit une augmentation de 4 % par rapport aux six premiers mois de 2025. À taux de change constants, la hausse ressort à 3,5 %. Cette évolution traduit la poursuite de la dynamique commerciale du groupe, dans un environnement où les banques restent sollicitées pour accompagner les besoins de financement des entreprises, des ménages et des grands projets d’investissement.
La progression des revenus ne s’est toutefois pas répercutée dans les mêmes proportions sur le résultat brut d’exploitation, qui s’est apprécié de 1,5 %, à 11,6 milliards de dirhams. Le coefficient d’exploitation s’est établi à 36,8 % à fin juin, en augmentation de 1,5 point sur un an. Il demeure néanmoins inférieur d’environ dix points au niveau enregistré en juin 2019, signe des gains d’efficacité accumulés au cours des dernières années.
Le résultat d’exploitation a, pour sa part, progressé de 3,3 %, atteignant 10,4 milliards de dirhams. Cette amélioration a notamment été favorisée par le recul du coût du risque, revenu à 1,2 milliard de dirhams, en baisse de 11,2 %. Il représente désormais 0,50 % des encours bruts de crédits à la clientèle, contre 0,62 % un an auparavant. La baisse de cet indicateur suggère une amélioration de la qualité du portefeuille de prêts, tout en offrant au groupe une marge supplémentaire pour consolider sa rentabilité.
Le résultat net consolidé s’est ainsi élevé à 7,1 milliards de dirhams, en progression de 2,3 % par rapport aux 6,9 milliards enregistrés au premier semestre 2025. La croissance du bénéfice revenant directement aux actionnaires du groupe apparaît plus modérée, reflétant notamment la part des résultats attribuée aux intérêts minoritaires dans les différentes filiales.
Les performances de la banque au Maroc se révèlent plus dynamiques. Sur base sociale, le produit net bancaire a atteint 11,7 milliards de dirhams, en hausse de 4 %, tandis que le résultat brut d’exploitation a progressé de 7,1 %, à 8,6 milliards. Le coefficient d’exploitation s’est amélioré de 0,8 point pour s’établir à 26 %, un niveau qui témoigne de la forte rentabilité opérationnelle des activités domestiques.
Le coût du risque de la banque au Maroc a été divisé par plus de deux, reculant de 52,8 % pour s’établir à 298 millions de dirhams. Il ne représente plus que 0,2 % des encours bruts de crédits à la clientèle, contre 0,4 % un an auparavant. Dans ce contexte, le résultat net social a progressé de 8,7 %, à 5,6 milliards de dirhams.
Derrière la relative stabilité du bénéfice consolidé se dessine une accélération plus nette des volumes financés. Les crédits distribués par le groupe ont progressé de 11,2 %, à 464,3 milliards de dirhams, alors que l’épargne collectée a augmenté de 13,8 %, pour atteindre 553,8 milliards. Cette évolution confirme la capacité d’Attijariwafa bank à développer simultanément ses ressources et ses engagements, sans déséquilibrer son modèle financier.
Au Maroc, les crédits destinés à l’économie ont augmenté de 9 %, correspondant à une production nette de 28 milliards de dirhams sur les six premiers mois de l’année. Les financements consacrés à l’équipement ont enregistré une progression particulièrement soutenue de 36 %, portant leur encours à 142 milliards de dirhams. Les crédits accordés aux entreprises ont, quant à eux, augmenté de 14 %, à 227 milliards.
Cette accélération du crédit à l’équipement constitue un signal significatif. Elle traduit une demande accrue de financement pour les investissements productifs, la modernisation des outils industriels et la réalisation de projets d’infrastructure. Dans un contexte marqué par la multiplication des grands chantiers au Maroc, le système bancaire occupe une position centrale dans la mobilisation des capitaux nécessaires à leur concrétisation.
Les ménages ont également bénéficié de 5,5 milliards de dirhams de nouveaux crédits au cours du semestre. Dans les autres pays de présence du groupe, les financements accordés à l’économie ont progressé de 6,4 % à taux de change constants, confirmant la contribution croissante des filiales africaines à l’activité consolidée.
La collecte de l’épargne a suivi la même orientation. Les dépôts recueillis au Maroc se sont appréciés de 12 % sur un an, portant leur encours à 382 milliards de dirhams à fin juin. Cette progression renforce les ressources disponibles pour financer l’économie et limite le recours à des sources de refinancement plus coûteuses.
Le groupe indique par ailleurs avoir maintenu son soutien au financement de l’État et son rôle sur les marchés de capitaux. Attijariwafa bank revendique ainsi sa position de premier intervenant en valeurs du Trésor sur les marchés primaire et secondaire au cours du premier semestre 2026.
Cette croissance de l’activité s’est accompagnée d’un renforcement du bilan. Le total des actifs consolidés a augmenté de 11,9 %, à 825,3 milliards de dirhams, tandis que les fonds propres consolidés se sont appréciés de 8,4 %, atteignant 81,1 milliards. La rentabilité moyenne des actifs s’est établie à 1,74 % et la rentabilité des fonds propres tangibles à 22,9 %, des niveaux qui placent le groupe parmi les établissements bancaires les plus rentables de la région.
Au-delà des chiffres semestriels, Attijariwafa bank ouvre une nouvelle séquence stratégique. Après avoir achevé le cycle de son plan « @mbitions 2025 », le groupe engage désormais « GOAL 2030 », une feuille de route appelée à orienter son développement au cours des prochaines années.
La transformation numérique figure au cœur de cette nouvelle stratégie. Le groupe entend accélérer le recours à l’intelligence artificielle en déployant à grande échelle des cas d’usage susceptibles d’améliorer l’expérience client, d’optimiser les processus internes et de renforcer la gestion des risques. Cette ambition implique également une consolidation des infrastructures technologiques et une convergence accrue des plateformes utilisées par les différentes filiales.
Le lancement annoncé de « Simple », une nouvelle banque entièrement numérique, illustre cette volonté d’investir des modèles plus agiles. À travers cette néobanque, Attijariwafa bank cherche à répondre aux attentes d’une clientèle devenue plus mobile et plus sensible à la rapidité des services, tout en faisant face à la montée des fintechs et des acteurs spécialisés dans les paiements.
Le groupe affirme toutefois vouloir développer une banque ouverte sans renoncer à la relation humaine. La technologie est ainsi présentée comme un outil destiné à augmenter les capacités des collaborateurs et à personnaliser les services, plutôt que comme un substitut systématique au réseau physique et au conseil bancaire traditionnel.
« GOAL 2030 » doit également consolider le positionnement panafricain du groupe. Attijariwafa bank entend renforcer les métiers transactionnels, les financements structurés et les services destinés aux entreprises opérant entre plusieurs marchés du continent. Des investissements ciblés sont prévus dans les pays et les segments considérés comme les plus porteurs.
La banque mise enfin sur une intégration plus étroite de ses métiers et de ses filiales. La convergence des outils, la mutualisation des expertises et l’accélération des synergies doivent permettre au groupe de mieux exploiter son implantation géographique, tout en améliorant son efficacité opérationnelle.
Les résultats du premier semestre 2026 montrent ainsi un groupe dont la rentabilité évolue à un rythme plus mesuré que les volumes d’activité, mais dont les fondamentaux demeurent solides. Le recul du coût du risque, l’expansion des crédits et des dépôts ainsi que le renforcement des fonds propres lui offrent une base favorable pour engager son nouveau cycle stratégique.
Pour Attijariwafa bank, l’enjeu des prochaines années consistera à transformer cette solidité financière en capacité d’innovation, tout en préservant les équilibres qui ont soutenu son expansion. Avec « GOAL 2030 », le groupe ne se contente plus d’afficher ses ambitions numériques et panafricaines : il entre dans une phase où leur exécution déterminera sa capacité à conserver son avance dans un secteur bancaire en pleine recomposition.


