LA VOIE EXPRESS TIZNIT-DAKHLA PORTE DÉSORMAIS LE NOM DE «DONALD TRUMP HIGHWAY» – LE PRÉSIDENT AMÉRICAIN REMERCIE SA MAJESTÉ LE ROI MOHAMMED VI, QUE DIEU L’ASSISTE

La voie express reliant Tiznit à Dakhla porte désormais le nom de « Donald J. Trump Highway ». Une décision à laquelle le président américain a rapidement réagi en adressant ses remerciements à Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’assiste , dans un message publié sur Truth Social, son réseau social.
Donald Trump y exprime sa reconnaissance envers le souverain marocain, qu’il qualifie de « hautement respecté », et présente cette initiative comme un « immense honneur ». Le président américain dit également espérer pouvoir parcourir prochainement l’ensemble de cet axe routier. Son message était accompagné d’une vidéo consacrée à l’infrastructure, présentée sous l’intitulé « Donald J. Trump Highway : la voie de paix vers la prospérité ».
Au-delà de sa nouvelle appellation, la voie express Tiznit-Dakhla constitue l’un des projets d’infrastructure les plus ambitieux réalisés dans les provinces du Sud. Long de 1 055 kilomètres, cet axe traverse notamment Guelmim et Laâyoune avant de rejoindre Dakhla. Son coût global est estimé entre 9 et 10 milliards de dirhams.
La mise en service du projet s’est effectuée progressivement, au rythme de l’achèvement de ses différents tronçons. La dernière section a été ouverte à la circulation en janvier 2025, marquant l’aboutissement d’un chantier destiné à transformer durablement les déplacements et les échanges entre le centre du Royaume et ses régions méridionales.
Cette infrastructure s’inscrit dans le Nouveau modèle de développement des provinces du Sud, lancé en 2015 à l’occasion du 40e anniversaire de la Marche verte. Ce programme entend renforcer l’intégration économique et territoriale de ces régions en les dotant d’équipements modernes, capables d’accompagner leur croissance et d’améliorer leur connexion avec le reste du pays.
La voie express répond d’abord à un enjeu de mobilité. Elle doit réduire les temps de trajet, fluidifier la circulation et faciliter le transport des marchandises sur un itinéraire stratégique reliant le nord et le sud du Royaume. Elle vise également à améliorer l’accessibilité des territoires traversés, dont certains sont éloignés des principaux centres économiques.
Réalisé selon des normes techniques internationales, le projet comprend seize ouvrages d’art majeurs. Ces infrastructures ont notamment été conçues pour résister aux contraintes climatiques et hydrologiques propres aux provinces du Sud. Leur solidité aurait été mise à l’épreuve lors des récentes précipitations enregistrées dans la région.
Le tracé comprend également le plus long pont du Maroc, présenté comme l’une des réalisations emblématiques de l’ensemble du chantier. À ces ouvrages s’ajoutent plusieurs équipements destinés aux voyageurs et aux professionnels du transport, parmi lesquels des aires de repos modernes et des espaces consacrés au déchargement et à la commercialisation des produits de la mer.
Ces aménagements revêtent une importance particulière dans les provinces atlantiques du Sud, où la pêche et les activités maritimes occupent une place centrale dans l’économie locale. La route ne se limite donc pas à une fonction de transit : elle doit également soutenir les chaînes logistiques, rapprocher les zones de production des marchés et favoriser l’émergence de nouvelles activités le long du parcours.
L’axe a été réalisé en trois grandes sections. Le tronçon reliant Laâyoune à Dakhla s’étend sur près de 500 kilomètres. Les travaux ont principalement porté sur le renforcement et l’élargissement de la route nationale n° 1, pour un investissement avoisinant un milliard de dirhams.
Entre Guelmim et Laâyoune, le chantier couvre environ 436 kilomètres. Cette partie du projet a mobilisé près de 5 milliards de dirhams, notamment en raison de la complexité du relief et de la construction de nombreux ponts permettant de franchir les principaux oueds rencontrés sur le tracé.
La troisième section, entre Tiznit et Guelmim, s’étend sur 114 kilomètres. Achevée à la fin de l’année 2024, elle a été ouverte à la circulation le 10 janvier 2025, après la finalisation des travaux d’aménagement et l’installation des équipements de signalisation.
Pour les pouvoirs publics, la voie express doit également contribuer à renforcer la sécurité routière. La séparation et l’élargissement des voies, l’amélioration de la fluidité du trafic ainsi que la modernisation de la signalisation horizontale et verticale sont présentées comme autant de leviers susceptibles de réduire le nombre et la gravité des accidents sur cet itinéraire.
L’infrastructure est également appelée à jouer un rôle déterminant dans la future organisation logistique des provinces du Sud. Elle devra notamment accompagner la montée en puissance des grands projets économiques engagés dans la région, à commencer par le port Dakhla Atlantique, appelé à devenir une plateforme majeure pour les échanges maritimes entre le Maroc, l’Afrique de l’Ouest et les marchés internationaux.
En donnant à cet axe le nom de Donald Trump, les autorités marocaines ajoutent une dimension diplomatique et symbolique à un projet déjà stratégique sur les plans économique et territorial. Cette dénomination renvoie implicitement aux relations développées entre Rabat et Washington, ainsi qu’à la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur le Sahara annoncée sous la présidence de Donald Trump.
Le message de remerciement publié par le président américain confère désormais à la voie express une résonance internationale. Mais derrière la portée politique de cette appellation demeure une infrastructure pensée pour désenclaver les territoires, soutenir les échanges commerciaux et accompagner les profondes transformations économiques engagées dans les provinces du Sud.
La « Donald J. Trump Highway » apparaît ainsi à la fois comme un corridor routier majeur, un instrument d’aménagement du territoire et un symbole diplomatique. Sur plus de mille kilomètres, elle matérialise l’ambition du Maroc de mieux relier ses régions, tout en consolidant le rôle des provinces du Sud dans son développement économique et son ouverture vers le continent africain.


