LE GOUVERNEMENT AKHANNOUCH ET LES MAROCAINS – RIEN NE VA PLUS

La question doit être posée et avec insistance vu le grand malentendu qui s’est installé entre les populations marocaines et le gouvernement dirigé par Aziz Akhannouch. On le voit très bien, rien ne va plus entre les citoyens, le chef du gouvernement et la politique mise en place par une équipe gouvernementale qui peine à trouver des issues viables aux multiples crises que traversent le Maroc, entre cherté de la vie, chômage, faiblesse constante du pouvoir d’achat, pauvreté, grèves en cascades, dans plusieurs domaines, augmentations des prix, stagnation des salaires, une santé malade, une protection sociale inexistante, une école à la dérive, avec l’invasion des drogues dans nos écoles et nos universités, le ras-le-bol généralisé et le manque de confiance totale en la politique par société marocaine, qui voit que sa vie ne change pas ou alors en pire.
Il y a quelque chose de primordial, d’important, de prioritaire, d’urgent qui nous préoccupe quand on se penche sur la relation de confiance entre le gouvernement marocain, dirigé par Aziz Akhannouch et l’ensemble des populations marocaines, qui estiment que leur situation s’est dégradée ces dernières années et surtout, sous cette équipe gouvernementale qui a montré toutes ses limites et surtout son incompétence, notamment dans des ministères clefs où les ministres font montre d’une incapacité à agir, à réagir avec responsabilité et en respectant les demandes du peuple marocain, sorti dans les rues du Royaume depuis le 28 septembre 2025, exigeant le départ d’une coalition au gouvernement qui a échoué à tous les niveaux. En effet, quelque chose de fondamental a été cassé irréversiblement et irrémédiablement, et cela a pris des proportions, chaque jour plus accrues, chaque jour plus extrêmes, avec une jeunesse décue, humiliée, offensée, maltraitée et marginalisée, qui a occupé les rues du Royaume appelant à mettre fin à l’hémorragie causée par un gouvernement incapable d’être à la hauteur des grands défis du Maroc sous la direction éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Ces manifestations témoignent de la grogne des populations, du mécontentement, de la frustration des citoyens, pauvres ou riches, sans exception aucune, face à la politique menée par le gouvernement Akhannouch. Certains n’hésitent pas à réclamer haut et fort son départ. D’autres le somment de parler et de leur expliquer pourquoi ça va aussi mal, pourquoi la cherté de la vie est devenue la norme et pourquoi ce gouvernement n’arrive pas encore à trouver de véritables solutions fiables et viables pour alléger les souffrances de millions de Marocains qui vivent dans la précarité, dans la pauvreté et dans le besoin. Une situation lamentable qui a plongé la société dans l’angoisse, la peur et la psychose.
Frilosité et panique à bord
Alors qu’est-ce qu’il se passe réellement ? Et quoi de neuf sous le soleil du Maroc ? Le premier constat est le silence et l’absence de presque la totalité des ministres de ce nouveau gouvernement qui a choisi et assumé une autre manière de faire la politique en s’exprimant le moins possible pour communiquer avec les Marocains, pour leur expliquer les réalités de l’économie nationale, pour les rassurer et surtout pour répondre aux différentes urgences nationales par temps de grave crise économique, financière et sociale couplée à un ralentissement handicapant au niveau économique et social, sans parler du marasme politique que vit le pays depuis plus de deux années. Face à la colère et aux revendications de tout un peuple uni derrière sa jeunesse, quelques ministres se sont fendus de quelques sorties pitoyables et sans la moindre teneur ni la moindre crédibilité. Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi s’est attiré la foudre des populations en rigolant devant le mausolée Mohammed V lors de la veillée à la mémoire de Feu Hassan II en se moquant des manifestants et en prenant la pose à côté d’autres ministres qui se congratulent alors qu’ils devaient, à ce moment précis, être ailleurs à travailler pour répondre aux attentes des gens. C’est le cas du ministre de la Culture et de la jeunesse qui dit du n’importe quoi et qui se fait coincer par les journalistes n’étant même pas au courant de ce qui se passe dans son ministère. Surtout qu’il doit gérer les affaires de cette même jeunesse qui, aujourd’hui, l’a clouée au pilori pour incompétence, lui qui rêvait d’être le futur chef du gouvernement, comme son entourage s’en targue encore. C’est le cas de Mustapha Baitas, porte-parole de ce gouvernement et qui est son pire ennemi, dans ce sens que toutes ses réponses et déclarations enfoncent encore ce même gouvernement d’incompétence. Mustapha Baitas n’est en aucun cas à la hauteur de sa fonction et n’a aucune maîtrise des sujets sur lesquels il doit se prononcer. De surcroît, il s’énerve et menace presque un journaliste qui lui dame le pion. C’est le cas de Younes Sekkouri, qui mélange verset du Coran et Hadith. Quand on n’a rien à dire, mieux vaut se taire. Cela cause moins de problèmes. Et surtout cela ne peut être pris pour une provocation supplémentaire de la part des membres d’un gouvernement aux abois face à un peuple qui dit Non, Stop, Ça suffit ! Celui qui a tenu la route a répondu avec respect et responsabilité, malgré tous les échecs combinés de son parti dans la coalition, reste Nizar Baraka, qui ne s’est pas caché et a tenté d’assumer. Pour le reste des ministres, c’est la frilosité qui le dispute à la panique de perdre le pouvoir. Comme si perdre le Marocain était moins grave que de perdre le maroquin. Ils sont tous sous pression, ils grimacent, font des rictus, s’emportent vite, s’énervent alors que le bon sens demande qu’ils aient plus de retenue et de self contrôle à un moment où ils sont sur le grill et doivent faire face avec honneur à leurs propres échecs.
Calculs électoraux et irresponsabilité
Pourtant, on s’en souvient, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch s’était fixé une ambition avec son élection à la tête du gouvernement. Il voulait, avait-il précisé : «couvrir toutes les circonscriptions électorales du royaume. Avec une organisation qui a été mise en place pour y parvenir à travers les coordinations locales. Les tournées dans les régions ainsi que le contact ininterrompu avec les militants et avec les citoyens» avant d’ajouter ceci : «Nos candidats ont été proposés par les provinces et les cellules locales, puis leurs dossiers ont été étudiés par une commission nationale élue lors du congrès de notre parti. La sélection s’est faite sur les bases les plus objectives possibles, en tenant compte de la moralité et des chances de réussite des candidats ». Avec un point d’orgue, les attentes des jeunes : « La volonté de rajeunir le personnel politique a été aussi prise en compte dans le processus de sélection : un candidat RNI sur quatre aux prochaines législatives est un jeune », insiste le chef du parti, qui ajoute : «Notre programme a été conçu via une approche participative citoyenne, inédite dans l’histoire des partis politiques : nous avons écouté 300 000 Marocains en cinq ans et les priorités de notre programme sont leurs priorités. Les 5 engagements et les 25 mesures sont déjà une sorte de short list d’actions à mener harmonieusement». Dans ce sens, un début de réponse a été amorcé entre le gouvernement, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et les centrales syndicales les plus représentatives. Une rencontre qui a donné corps à la signature, en 2022, à Rabat, du procès-verbal d’un accord social et d’une charte nationale du dialogue social, lors de la réunion de la Haute commission du dialogue social présidée par le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch. Deux ans plus tard, d’autres réunions ont eu lieu, d’autres discussions, d’autres analyses pour faire des bilans, mais il faut se résoudre à une réalité lancinante : la crise est plus résistante et la résilience des Marocains semble avoir été épuisée. Rien n’a abouti et la batterie des chiffres avancée par le gouvernement comporte de nombreux faux chiffres et des statistiques qui ne correspondent aucunement aux réalités de l’économie et de la société marocaine. Des effets de manches, des slogans, de l’intimidation par des rapports qui sont en coupure totale avec ce qu’endure les Marocains, et au final, une révolution menée par une jeunesse qui a levé le voile sur les ratages et les failles abyssales d’un gouvernement qui a fait son temps et qui a fait plus de mal aux Marocains que le précédent.
Jeux de dupes et manipulations des chiffres
Sur ce point, il est urgent de préciser que les attentes des populations sont nombreuses, avec une pauvreté qui touche aujourd’hui des millions de personnes (le gouvernement affirme avoir résorbé le gap du chômage avec des chiffres surréalistes), à cause de la perte des emplois, à causes des licenciements dus en partie à la crise du Covid-19, sans oublier la précarité dans laquelle vivent des millions de nos concitoyens qui n’ont pas uniquement besoin de pain, mais d’une couverture médicale digne de ce nom, de scolariser leurs enfants, d’avoir un toit, de bénéficier des services premiers tels que l’approvisionnement en eau et en électricité, un travail décent et surtout le respect de la part de leurs élus et de leurs représentants au Parlement, et bien sûr du gouvernement mis en place pour servir les intérêts des Marocains en leur facilitant les choses, en les aidant à tenir par temps de graves crises, en leur apportant le soutien qu’il faut quand il faut. Quand on connaît le Marocain, souvent, pour ne pas dire toujours, il suffit de lui faire comprendre qu’on pense à lui, qu’on s’intéresse à sa vie et à ses problèmes pour qu’il redouble de patience et serre davantage la ceinture qui l’étouffe déjà, à plus d’un égard. Car, on le sait, le Marocain est un véritable patriote. Le Marocain aime son pays et sa nation au-delà de tout, et il est prêt à tous les sacrifices pour rendre service à cette terre qui l’a vu naître. Mais il veut aussi être entendu, il veut être écouté, il ne veut pas se sentir ni méprisé ni laissé-pour-compte. C’est dans ce sens que, pour une grande partie, c’est le silence et le mutisme de ce gouvernement et de son leader, Aziz Akhannouch qui inquiète et sème un climat d’angoisse au sein de la société. Le Marocain demande une école digne de ce nom, de véritables programmes, modernes et logiques, des enseignants bien formés et de la sécurité au sein des établissements scolaires, avec, après les diplômes des débouchées réelles et concrètes. Le Marocain exige un système de santé fort, solide, avec des équipements qui marchent, des médecins compétents, sans corruption, avec des comités de suivis qui veillent au respect des citoyens qui souffrent et qui sont laissés pour compte. Le Marocain exige une justice équitable et non pas une justice pour les pauvres et une autre adaptée aux riches. Le Marocain exige un habitat digne d’un être humain. Le Marocain veut une culture qui reflète son identité et qui l’élève au lieu de cette braderie de médiocrité servie par un ministère de la culture qui encourage la médiocratie et tue la méritocratie. Le Marocain veut du travail pour subvenir à ses besoins sans faire la manche. Le Marocain veut un tourisme national à sa portée pour qu’il puisse profiter de la beauté de son pays alors que les prix sont plus chers que ceux en usage dans des pays de véritable tourisme comme l’Espagne, la France, l’Italie, la Turquie, l’Égypte et d’autres contrées où l’on peut voyager en dépensant la moitié de ce que l’on peut dépenser chez nous. Le Marocain veut une université de grande qualité, avec une place de choix réservée à la recherche et non pas une université des calculs et des intérêts avec le népotisme qui a pignon sur rue.
Demain est un autre jour
Alors qu’est-ce qui doit être fait dans l’urgence pour rectifier le tir et apporter des solutions effectives et surtout fiables et viables ? Les urgences sont diagnostiquées depuis plusieurs années. Mais il faut les mettre en pratique. Il faut un programme politique, économique et social clair, rationnel, détaillé, qui va à l’essentiel, qui ne néglige aucun aspect de la vie politique et sociale des Marocains. Il faut une vision politique, et non pas des visées personnelles. Pour être clair, voici les grands secteurs qui décident de l’avenir de toutes les nations : l’éducation, la justice, la santé et enfin l’habitat qui doit veiller à loger dignement tous les Marocains dont un grand nombre vit encore dans des conditions d’insalubrité inqualifiable, dans des bidonvilles, dans des douars oubliés et des régions enclavées et coupées du monde. Sans oublier les conditions de vie de chacun, qui sont aujourd’hui très lourdes à porter, avec les prix des matières premières qui flambent et qui mettent en échec les capacités de résistance et de patience de millions de Marocains qui ne savent plus à quel saint se vouer. Car, une chose est certaine, aucun gouvernement au monde ne peut réussir sans d’abord mettre en place une philosophie claire et limpide pour résoudre les profonds problèmes que connaissent plusieurs département clefs de la politique marocaine. Avant le scrutin de septembre 2021, les Marocains ont voté pour le changement. Mais ils ne le voient pas venir. Mais à trop attendre, on perd sa foi, comme dit le sage.


