CLOUD ET INTELLIGENCE ARTIFICIELLE – LE MAROC S’ALLIE À VERTIV POUR RENFORCER SES INFRASTRUCTURES NUMÉRIQUES

Le Maroc franchit une nouvelle étape dans le développement de ses capacités numériques. Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration a signé, lundi à Rabat, un mémorandum d’entente avec Vertiv, groupe international spécialisé dans les infrastructures numériques critiques. L’accord porte sur le développement des centres de données, du cloud computing et des technologies liées à l’intelligence artificielle.
Le document a été paraphé par la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, et par Wojtek Piorko, directeur général de Vertiv pour l’Afrique. Cette coopération doit accompagner les ambitions du Royaume en matière de transformation numérique, dans un contexte marqué par l’augmentation rapide des besoins en stockage de données, en puissance de calcul et en hébergement sécurisé.
Vertiv apportera son expertise dans la conception et l’exploitation des centres de données, notamment en matière d’alimentation électrique, de refroidissement et de résilience des installations. Ces technologies sont devenues essentielles pour soutenir des infrastructures cloud intensives, capables d’accueillir des plateformes d’intelligence artificielle et des systèmes de calcul à haute performance.
Le ministère devra, de son côté, définir les priorités nationales, coordonner les échanges avec les institutions publiques concernées et examiner les recommandations techniques formulées dans le cadre du partenariat. L’accord ne se limite donc pas à un transfert d’expertise : il doit également permettre d’adapter les solutions envisagées aux besoins spécifiques du Maroc et à l’évolution de ses politiques publiques numériques.
À cette occasion, Amal El Fallah Seghrouchni a rappelé que les infrastructures numériques constituent désormais l’un des fondements de la souveraineté technologique du Royaume. Leur développement conditionne aussi bien l’essor de l’intelligence artificielle que la modernisation de l’administration, la sécurisation des données publiques et la création de nouveaux services numériques.
La ministre a également souligné l’importance de disposer d’équipements performants, résilients et évolutifs, capables de répondre à la croissance des usages et aux besoins futurs du pays. L’expertise internationale de Vertiv doit, selon elle, contribuer à approfondir la réflexion engagée sur les conditions techniques, énergétiques et opérationnelles nécessaires à la construction de telles infrastructures.
Cette collaboration s’inscrit dans un chantier plus large, celui du développement d’un centre de données souverain d’une capacité de 50 mégawatts à Rabat. Cette installation est appelée à renforcer l’autonomie du Maroc en matière d’hébergement des données et des services numériques stratégiques.
Le futur centre devra notamment accueillir des plateformes de cloud souverain, des services publics numériques, des applications d’intelligence artificielle, des infrastructures de calcul haute performance ainsi que des dispositifs liés à la cybersécurité. Il pourrait ainsi devenir l’un des piliers technologiques de la transformation numérique de l’administration marocaine.
L’enjeu dépasse toutefois la seule modernisation des services publics. En développant ses capacités d’hébergement et de calcul, le Royaume cherche également à réduire sa dépendance à l’égard des infrastructures étrangères et à mieux maîtriser le traitement, la circulation et la protection de ses données sensibles.
Dans un environnement international où les centres de données sont devenus des infrastructures aussi stratégiques que les réseaux énergétiques ou les télécommunications, le Maroc entend consolider sa position dans l’économie numérique régionale. Le partenariat conclu avec Vertiv participe de cette ambition : doter le pays des outils nécessaires pour accompagner l’essor du cloud, de l’intelligence artificielle et des services numériques de nouvelle génération.
À terme, cette infrastructure pourrait également renforcer l’attractivité du Royaume auprès des entreprises technologiques, des opérateurs cloud et des investisseurs internationaux. Elle soutiendrait ainsi l’objectif affiché par le Maroc de s’imposer comme une plateforme numérique de référence entre l’Europe, l’Afrique et le monde arabe.


