INTERVIEW DE GEORGES LOUIS BOUCHEZ – « LE MAROC MARQUE DÉJÀ L’HISTOIRE DU FOOTBALL »

Quelles sont vos impressions personnelles sur l’exploit historique réalisé par l’équipe nationale marocaine de football en remportant la Coupe du monde au Chili ?

C’est absolument extraordinaire. Cette victoire historique de l’équipe marocaine U20 au Chili représente bien plus qu’un simple triomphe sportif. En tant que président des Francs Borains, je mesure parfaitement la portée de cet exploit. C’est la première fois qu’une équipe marocaine remporte une Coupe du monde, et cela démontre que le football marocain a atteint une maturité exceptionnelle. Cette génération dorée, menée par des joueurs comme Yassir Zabiri – double buteur en finale – et Othmane Maamma, élu meilleur joueur du tournoi, incarne parfaitement l’excellence sportive marocaine. Cette victoire 2-0 contre l’Argentine en finale à Santiago confirme que le Maroc est désormais une puissance footballistique mondiale incontournable et cela ne m’étonne pas. J’ai eu la chance de visiter l’académie Mohammed VI de football, il est clair que le Maroc s’est donné les moyens de son ambition. 

Comment évaluez-vous le niveau de l’équipe marocaine lors du tournoi, et quels sont les facteurs qui ont contribué à leur succès ?

Le niveau affiché par les Lionceaux de l’Atlas a été remarquable de constance et de maturité. Ce qui m’impressionne particulièrement, c’est la qualité de leur parcours : qualification en finale aux dépens de la France après un match nul 1-1 et une séance de tirs au but remportée 5-4. Les facteurs de succès sont multiples : une préparation méthodique, un encadrement technique de qualité, mais surtout une formation d’excellence dont l’Académie Mohammed VI de football est le fleuron. Cinq joueurs de l’effectif champion du monde sont des diplômés de cette académie, ce qui prouve l’efficacité du système de formation marocain. Aussi, j’ai entendu les mots qu’avaient le Président de la Fédération royale marocaine de football pendant sa causerie aux joueurs, il est indéniable qu’avec un homme qui a cette vision du football et qui mise sur l’avenir, le football marocain a encore de beaux jours devant lui.

Quel est le rôle de la direction éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans le développement du sport marocain, notamment dans le domaine du football ?

La vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour le sport marocain est absolument remarquable. Son engagement personnel dans le développement du football, matérialisé par la création de l’Académie Mohammed VI en 2009 avec un investissement de 65 millions de dollars, témoigne d’une stratégie à long terme exemplaire. Le Roi a su comprendre que l’excellence sportive nécessite des infrastructures de classe mondiale et un encadrement professionnel. Cette approche visionnaire porte aujourd’hui ses fruits avec ce titre mondial historique. Sa réaction après la victoire, exprimant sa immense joie et sa profonde fierté pour ce parcours héroïque, illustre parfaitement son attachement au développement sportif du Royaume. Je suis toujours fasciné par les scènes de liesses qui ont lieu pacifiquement dans les rues après chaque victoire et la communion du souverain avec le peuple marocain qui célèbrent ensemble. 

Le rôle pertinent de l’Académie Mohammed VI de football

Quelle est votre évaluation de l’Académie Mohammed VI de football, et comment contribue-t-elle au développement des jeunes talents au Maroc ?

L’Académie Mohammed VI de football est un modèle d’excellence que nous devrions étudier en Belgique. Située à Salé sur 30 hectares, cette infrastructure combine formation sportive et éducation scolaire pour des jeunes de 13 à 18 ans. Son approche holistique – terrains aux normes FIFA, centre médical, infrastructures éducatives – en fait un centre de formation de niveau international. Le fait que cinq diplômés de l’Académie aient contribué au sacre mondial U20 prouve son efficacité. Yassir Zabiri, héros de la finale, est un pur produit de cette académie, tout comme le capitaine Hossam Essadak. C’est exactement cette philosophie de formation intégrée que nous cherchons à développer aux Francs Borains. Je le répète, moi qui ai eu la chance de la visiter, j’ai vite compris que le Maroc allait devenir un grand du football !

Comment la coopération entre les clubs belges et marocains peut-elle bénéficier de l’expérience de l’Académie Mohammed VI dans la formation des jeunes joueurs ?

En tant que président des Francs Borains, je vois énormément d’opportunités de partenariat. L’expertise marocaine en matière de détection et de formation des jeunes talents pourrait grandement enrichir nos méthodes. Nous pourrions envisager des échanges de formateurs, des stages croisés pour nos jeunes, ou même des collaborations dans le développement de programmes de formation. L’approche marocaine qui combine excellence sportive et éducation scolaire correspond parfaitement à notre vision du football formateur. Ces partenariats pourraient s’inscrire dans le cadre plus large de la coopération belgo-marocaine que je défends activement.

Quelle est l’importance de l’investissement dans les jeunes talents dans le football, et comment cela peut-il être réalisé ?

L’investissement dans la jeunesse est la clé de tout projet sportif durable. L’exemple marocain avec ses 65 millions de dollars investis dans l’Académie Mohammed VI le démontre parfaitement. Aux Francs Borains, nous avons notre propre école des jeunes dirigée par Sergio Ormando avec Olivier Macken comme directeur technique. Mais nous devons aller plus loin. Cela nécessite des partenaires financiers, des infrastructures modernes et surtout une vision à long terme. C’est pourquoi j’ai créé une société commerciale pour le club et recherche activement des investisseurs, notamment lors de ma participation au Sportico World Summit au Qatar où j’ai pu présenter notre projet à des personnalités influentes. Il y’a une phrase que répète souvent les supporters en Belgique : « le blason avant le pognon », mais il faut être honnête, sans « pognon » il n’y a pas de blason. Il faut être capable de prendre des risques et d’investir dans ce qui fait grandir les équipes et ça, le Maroc l’a bien compris. 

La coopération sportive entre le Maroc et la Belgique

Quelles sont les opportunités de coopération entre votre club et un club marocain dans le domaine du football, et quels sont les domaines où la coopération peut être fructueuse ?

Les opportunités sont multiples et passionnantes. Nous pourrions développer des partenariats dans la formation des jeunes, l’échange d’expertise technique, ou même des collaborations commerciales. Les domaines les plus prometteurs incluent la détection de talents, les méthodes d’entraînement, la préparation physique et mentale, ainsi que la gestion moderne d’un club. Le Maroc a prouvé son excellence dans tous ces domaines. En tant que président des Francs Borains, je serais ravi d’établir des ponts concrets avec des clubs marocains, que ce soit pour des matchs amicaux, des stages d’entraînement ou des programmes d’échange de joueurs. Il y’a une chance historique pour les clubs belges de recruter des joueurs formés à haut niveau par le Maroc pour leur permettre de venir briller en Europe et faire de la Belgique un point d’entrée vers les cinq grands championnats européens. C’est un modèle de carrière que je trouve interessant et qui permettrait aux joueurs de grandir et de continuer à faire rayonner le football marocain dans le monde. 

Comment la coopération sportive entre le Maroc et la Belgique peut-elle contribuer à renforcer les relations entre les deux pays ?

Le sport est un formidable vecteur de diplomatie. Nos deux pays partagent déjà une histoire commune riche, avec une importante communauté belgo-marocaine qui fait le lien entre nos nations. La coopération sportive peut renforcer ces liens en créant de nouveaux espaces d’échange et de compréhension mutuelle. Quand je vois l’enthousiasme que suscite le football des deux côtés, je mesure le potentiel énorme de cette diplomatie par le sport. C’est d’ailleurs dans cet esprit que j’ai déposé une proposition de loi pour reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara, car l’amitié vraie suppose la clarté et le soutien mutuel.

Quelle est l’importance de la diplomatie sportive dans le renforcement des relations internationales, et comment le Maroc et la Belgique peuvent-ils en bénéficier ?

La diplomatie sportive transcende les clivages politiques traditionnels. Elle permet de créer des liens humains authentiques et durables. Le Maroc l’a parfaitement compris en investissant massivement dans ses infrastructures sportives et en organisant des événements internationaux comme la FIFA Unites 2025. Pour la Belgique, cette coopération sportive avec le Maroc peut ouvrir de nouveaux marchés, favoriser les échanges culturels et renforcer notre soft power. Nos deux pays peuvent devenir des modèles de coopération sportive internationale, en montrant que le sport unit là où parfois la politique divise.

Comment voyez-vous l’avenir du football au Maroc, et quels sont les défis auxquels il est confronté ?

L’avenir du football marocain est radieux. Cette génération U20 championne du monde va nourrir l’équipe nationale et porter les ambitions du Royaume pour la Coupe du monde 2030, que le Maroc co-organisera. Les défis principaux sont maintenant de maintenir ce niveau d’excellence, de continuer à investir dans la formation et de développer davantage les infrastructures. Le Maroc a tous les atouts : une Académie de formation exemplaire, des dirigeants visionnaires, et une passion populaire extraordinaire pour le football. Je suis convaincu que ce titre mondial U20 n’est que le début d’une ère dorée.

La diplomatie sportive

Comment le sport peut-il contribuer à renforcer la diplomatie entre les pays, et quels sont les exemples réussis de cela ?

Le sport possède cette capacité unique de rassembler au-delà des frontières et des différences culturelles. L’exemple de cette Coupe du monde U20 remportée par le Maroc en est la parfaite illustration : elle a suscité l’admiration internationale et renforcé l’image du Royaume. En tant qu’homme politique et président de club, je constate que les rencontres sportives créent des liens durables entre les peuples. Ma participation au Sportico World Summit au Qatar m’a confirmé que le sport est devenu un outil diplomatique majeur. Les relations belgo-marocaines bénéficient déjà de cette dynamique avec notre importante communauté binational qui fait le pont entre nos deux pays.

Quel est le rôle du sport dans la promotion de l’image positive des pays, et comment le Maroc et la Belgique peuvent-ils en bénéficier ?

Le sport est devenu l’un des meilleurs ambassadeurs d’un pays. Cette victoire historique des U20 marocains projette une image de modernité, d’excellence et d’ambition qui dépasse largement le cadre sportif. Pour la Belgique, nos succès en football, nos infrastructures de qualité et notre expertise en formation de jeunes talents constituent également des atouts diplomatiques. Nos deux pays peuvent capitaliser sur leurs forces respectives : l’expertise belge en organisation et formation, le dynamisme et la passion marocains. Cette complémentarité peut créer une coopération sportive exemplaire qui rejaillit positivement sur l’image des deux nations.

Comment la coopération sportive peut-elle contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable ?

Le sport, quand il est bien organisé, contribue à l’éducation, à la santé publique, à l’égalité des genres et au développement économique local. L’Académie Mohammed VI en est un parfait exemple : elle forme non seulement des footballeurs mais aussi des citoyens éduqués qui contribueront au développement de leur pays. La coopération belgo-marocaine dans ce domaine peut intégrer ces objectifs durables en développant des programmes de formation qui allient excellence sportive et éducation citoyenne, en promouvant l’égalité d’accès au sport pour tous, et en créant des emplois locaux autour des infrastructures sportives.

Quel est votre message aux supporters marocains après cet exploit historique ?

Bravo ! Vous pouvez être immensément fiers de vos Lionceaux de l’Atlas ! Cette victoire historique est la récompense d’années d’investissement, de travail et de passion. En tant qu’ami sincère du Maroc et président des Francs Borains, je mesure parfaitement ce que représente ce titre. Vous avez montré au monde entier l’excellence du football marocain et la détermination de votre jeunesse. Cette victoire dépasse le sport : elle incarne l’ambition et la modernité du Maroc d’aujourd’hui. Continuez à rêver grand, car comme le disent vos supporters : ce n’est que le début !

Comment le succès marocain dans le football peut-il être une source d’inspiration pour les jeunes Marocains ?

Cette victoire prouve que l’excellence est à portée de main quand on allie travail, détermination et vision à long terme. Ces jeunes champions ont montré qu’avec les bonnes structures – comme l’Académie Mohammed VI – et l’encadrement approprié, on peut atteindre les sommets mondiaux. Pour les jeunes Marocains, ce message est clair : investissez-vous dans vos rêves, travaillez avec sérieux, et vous pourrez représenter fièrement votre pays sur les plus grandes scènes internationales. Ce titre mondial doit inspirer non seulement dans le sport, mais dans tous les domaines : entrepreneuriat, sciences, arts, innovation.

Quelles sont vos attentes pour l’avenir du football au Maroc et en Belgique ?

Pour le Maroc, je prévois une ère dorée. Cette génération U20 va enrichir l’équipe nationale senior et porter les ambitions pour 2030. L’investissement dans l’Académie Mohammed VI et les infrastructures modernes positionne le Royaume comme une puissance footballistique durable. Pour la Belgique, nous devons nous inspirer de ce modèle marocain. Aux Francs Borains, nous voulons créer des passerelles avec le football marocain pour enrichir notre approche. L’avenir appartient aux pays qui investissent intelligemment dans leur jeunesse sportive. Notre coopération belgo-marocaine dans ce domaine peut devenir un modèle de partenariat international réussi, fondé sur l’excellence, l’amitié et le respect mutuel.