ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2026 – VOX POPULI

On s’en souvient, il y a cinq années, les élections législatives du 8 septembre 2021 avaient livré leur verdict. Le RNI sort vainqueur (97 sièges). Le PAM (82 sièges) et L’Istiqlal (78 sièges) le talonnent de près. Le PJD est laminé à plates coutures. Les autres parties (USFP, MP, PPS et UC) complètent le tableau ne dépassant pas les prévisions.Les Marocains avaient donc décidé. Ils avaient même tranché. Et sans appel. Les résultats du scrutin du 8 septembre 2021, ne souffraient aucune ombre. Ils traduisaient le ras-le-bol généralisé des citoyens marocains qui n’ont eu de cesse de manifester leur colère à l’égard d’un parti dirigeant le gouvernement sans conviction et sans jamais réussir à convaincre. Un PJD essoufflé, éreinté, fatigué, moribond, qui a tiré la langue pour la dernière ligne droite y laissant pratiquement beaucoup trop de plumes, avec un score digne d’un petit parti de la marge (12 sièges ). C’est de mémoire de marocain, la pire déconvenue pour un parti aux commandes. C’était non seulement une sanction, mais c’était une manière bien décisive et tranchante de la part des Marocains infligeant une leçon historique à un parti qui a eu dix longues années d’exercice du pouvoir, n’ayant jamais pu prendre les affaires courantes à bras le corps et incarner une vision politique à la fois audacieuse et agressive. Le PJD a donné dans l’amateurisme tant au plan des décisions qu’au plan de l’image qu’il laisse chez les populations associant le parti à deux chefs de gouvernement et Abdelilah Benkirane et Saad Eddine El Otmani, tous deux donnant dans le spectacle populiste, avec des saillies malheureuses, des bévues verbales calamiteuses et des lapsus révélateurs. Bref, le chapitre du PJD et des islamistes était plié. Ils ont eu une décennie pour montrer et démontrer leurs limites. Ils ont raté un grand rendez-vous crucial et sans précédent avec l’Histoire. C’est aujourd’hui acté. Fin de partie. Place donc à ceux qui incarnent aujourd’hui les attentes et les espoirs des populations marocaines, dans leur grande variété.
Cinq années plus tard, en septembre 2026, c’est le même film que nous regardons tous aujourd’hui, avec amertume, avec déception, avec colère. Rien n’a changé, sauf les ministres et l’équipe qui dirige le pouvoir. Pour le reste, les choses ont empiré : l’école, l’éducation, l’enseignement, le travail, la culture, la santé, l’habitat, la justice…
Pénurie des compétences
Quand on parle des compétences au Maroc et du travail du gouvernement, il faut d’abord insister sur un point crucial avant de pousser l’analyse plus loin : Tout ce qui se fait de grand et de novateur au Maroc se fait grâce aux impulsions royales avec de grands projets et chantiers structurants. Les grands investissements, c’est le Roi. L’Afrique, c’est le Roi. Le Monde arabe et les partenariats stratégiques, c’est le Roi. La Coupe d’Afrique et la Coupe du monde, c’est le Roi. La Sahara Atlantique, c’est le Roi. La stratégie nationale de l’eau, c’est le Roi. Les énergies renouvelables, c’est le Roi. La mise à niveau des villes marocaines, c’est le Roi. La diplomatie, c’est le Roi, le dossier du Sahara, c’est le Roi. Tous les grands défis sont relevés par le Souverain, à telle enseigne que de nombreux observateurs se demandent à quoi sert ce gouvernement et celui qui l’a précédé et à quoi servent tous ces ministres ? Parce que face à la dynamique d’excellence menée par le Roi,
De l’autre côté, nous sommes face à une chefferie à la traîne, timide et hésitante, très attentiste donnant dans le suivisme plat et handicapant. Car, il faut le souligner, les grandes initiatives sont venues du Roi Mohammed VI, qui a mis en place sa vision sous forme d’une carte et d’une feuille de route pour le Maroc de 2050. Tous les éléments tangibles du bilan du mandat du PJD et de la coalition RNI, PAM, Istiqlal montrent cruellement que les gouvernements n’ont pas été à la hauteur des visées royales, ce qui a fait perdre 15 ans à un Maroc conquérant, qui, malgré, l’immobilisme du gouvernement et son manque de compétences, a su amorcer des élans forts en négociant des virages importants pour le Maroc de demain.
Un nouveau chapitre doit être ouvert
Aujourd’hui, où en sommes-nous ? Le bilan est fait. Il est clair. Il est simple. Il faut plier le chapitre du gouvernement Akhannouch et en écrire un nouveau, avec un gouvernement de compétences, de technocrates, d’intelligences, de matières grises, de nouveaux profils, avec une bonne place pour les jeunes qui en veulent, qui peuvent assumer leur rôle dans une configuration politique qui requiert du souffle, de l’endurance, de la niaque, de la force, du volontarisme et surtout beaucoup de pragmatique rationnel pour ne pas se tromper des priorités de cette nation que sont : une croissance économique dans la durée avec des échéances et des plans réalisables; une politique sociale équitable et juste ; une justice au-dessus de tout soupçon ; une école revue et corrigée, basée sur le savoir et la connaissance, pour former les génération futures qui vont reprendre le flambeau politique dans les prochaines décennies, sans rater encore une fois ce rendez-vous impératif et urgent avec l’éducation ; un système de santé sans disparités qui prend en charge le citoyen et qui se penche sur les plus pauvres, tous ceux qui ont peur de tomber malades parce qu’ils savent qu’ils peuvent mourir dans l’insouciance la plus criarde ; un habitat digne de ce nom pour donner un sens à la dignité des marocains qui méritent mieux. Et surtout un travail de fond pour faire de la culture une priorité nationale, une urgence qui peut se traduire par une réelle et rentable industrie culturelle pour un pays riche de ses variétés identitaires, culturelles et humaines. Sans oublier la jeunesse qui est le fer de lance de ce Maroc, résolument tourné vers l’avenir et la modernité. Les véritables chantiers sont identifiés et le pouls de la société est pris. Il indique un bon nombre d’urgences que ce nouveau gouvernement doit prendre en ligne de compte et rendre réelle, tangible, concrète. Car, il ne faut pas se leurrer, ce nouveau gouvernement a devant lui des défis majeurs, des objectifs fondamentaux, des attentes grandissantes, des espoirs qui refusent d’être avortés. Aujourd’hui, l’électeur marocain voit ce qui se passe dans le monde. Il sait ce qu’il veut de ses politiques et de ses représentants. Il sait également ce qu’il ne veut pas. Il ne veut pas qu’on lui mente. Il ne veut pas qu’on le trompe. Il refuse qu’on se joue de lui. Il ne veut pas qu’on l’exploite à des fins politiciennes. Il refuse qu’on l’instrumentalise. Il ne veut plus qu’on raconte des bobards. Il veut qu’on le respecte et qu’on compte avec son avis et ses opinions qu’il a traduites en bulletin de vote qui a balayé dix ans de ratages et d’approximations en mettant une enveloppe dans une urne. Le citoyen sait désormais tout le pouvoir qu’il détient. C’est lui qui fait les gouvernements. C’est lui qui peut les défaire.
Une feuille de route politique rationnelle
Les Marocains, toutes couches sociales confondues se posent des questions de fond, analysent, commentent, tentent d’y voir clair dans la politique telle qu’elle est pratiquée et vécue durant les cinq années, avec un gouvernement qui a fait son temps et qui a échoué lamentablement, à tous les niveaux. Mais avant d’apporter les réponses idoines, ce futur gouvernement dont on parle déjà et qui doit remplacer celui mené par Aziz Akhannouch, se doit d’abord d’écouter les voix, toutes les voix, de tous les Marocains. Il se doit de prendre le pouls de la société et de faire le diagnostic infaillible pour ne pas se tromper des priorités ni des cibles ni des urgences à mettre sur pied pour solder le compte d’une décennie de ratages, d’approximations, d’hésitations et d’attentisme. Dans cette optique, il n’y a qu’un choix à faire et il ne souffre aucune ombre : celui du pragmatisme politique. Autrement dit, la mise en place d’une politique offensive, volontariste, audacieuse, en phase avec la modernité, ouverte sur les grands changements que connaît le monde aujourd’hui, s’appuyant sur une vision logique et rationnelle du progrès et du développement, qui obéit à différents paramètres et paradigmes qui doivent être traités avec vigilance et beaucoup de recul. Avec cet impératif revendiqué par les Marocains : mettre un terme aux populismes de tous bords, en finir avec les idéologies rétrogrades et archaïques pour inscrire le pays résolument dans l’avenir, avec ce que cela suppose comme défis et comme challenges.
Cette nouvelle équipe qui sera aux commandes, après les législatives de 2026, doit élaborer une feuille de route solide et cohérente, une carte axée principalement sur les réponses adéquates à apporter dans le cadre de ce nouveau modèle de développement, avec un document à la clef qui sert d’ossature et d’assises mobiles aux différentes politiques à suivre, dans tous les domaines : économique, social, culturel et humain. D’ailleurs, quand on ouvre le document du modèle marocain de développement, nous pouvons y lire en substance ce qui suit : «Ce modèle incarne une manière rénovée de concevoir le développement ; une manière plus participative qui associe tous les acteurs et démontre qu’un débat franc et responsable sur l’avenir du pays est possible avec les citoyens et les acteurs du développement et qu’il peut déboucher sur des propositions constructives et adaptées aux réalités du terrain… Le nouveau modèle de développement propose comme ambition commune celle d’un Maroc prospère, d’un Maroc des compétences, d’un Maroc inclusif et solidaire, d’un Maroc durable et d’un Maroc de l’audace.» Ce sont exactement les piliers qu’a choisi le peuple marocain en optant pour l’exigence de la compétence, en misant sur des profils qui ont fait leurs preuves dans les différents départements qu’ils ont gérés, en refusant de reconduire tous ceux qui ont failli ou qui ont manqué ce grand rendez-vous avec l’Histoire du Maroc.
Mais concrètement comment peut-on mettre en pratique cette vision à l’horizon 2035 qui veut donner corps à un Maroc prospère ? Comment traduire dans les réalités politiques et économiques du pays ce Maroc des compétences ? Comment réussir le pari osé d’un Maroc inclusif et solidaire ? Comment, enfin, inscrire dans la durée ce Maroc de l’audace ? C’est au gouvernement qui va venir, tôt ou tard, de nous proposer des réponses aujourd’hui et de montrer aux Marocains qu’il a un projet bien ficelé et qu’il fera tout pour le rendre tangible et concret.


