CRÉDIT DU MAROC ACCÉLÈRE SA CROISSANCE ET PORTE SON BÉNÉFICE À 532 MILLIONS DE DIRHAMS

Crédit du Maroc a signé un premier semestre 2026 en nette progression, porté par l’essor de son activité de financement, la hausse de ses ressources et l’amélioration de sa rentabilité opérationnelle. À fin juin, le résultat net part du groupe s’est établi à 532 millions de dirhams, en augmentation de 19,4 % par rapport à la même période de 2025.

Cette performance repose sur une dynamique commerciale soutenue, conjuguée à une maîtrise des dépenses et à une forte diminution du coût du risque. La banque a également renforcé ses fonds propres en finalisant, en juillet, une augmentation de capital de près de 699 millions de dirhams, une opération qui a suscité une demande supérieure au montant proposé.

L’encours global des crédits a progressé de 7,1 % sur un an pour atteindre 64,27 milliards de dirhams à fin juin. Cette croissance a été principalement alimentée par les financements accordés aux entreprises, dont le volume a augmenté de 12,7 %, à 41,06 milliards de dirhams.

Le crédit-bail a affiché la progression la plus importante, avec une hausse de 34,8 %. Les crédits à l’équipement ont augmenté de 24,9 %, tandis que les financements destinés à la promotion immobilière se sont appréciés de 15,8 %. Cette évolution traduit un renforcement de l’intervention de la banque dans le financement de l’investissement et des besoins de développement des entreprises.

Les crédits accordés aux particuliers ont également poursuivi leur progression, mais à un rythme plus modéré. Leur encours a atteint 22,74 milliards de dirhams, en hausse de 3,9 %. Les prêts à la consommation ont augmenté de 10,5 %, alors que les crédits à l’habitat ont progressé de 2,3 %.

Du côté des ressources, les dépôts inscrits au bilan se sont établis à 63,9 milliards de dirhams, soit une hausse de 10,1 % en l’espace d’un an. Cette évolution a été portée par les dépôts à vue, qui ont progressé de 14,6 % pour atteindre 47,1 milliards de dirhams.

Les ressources à terme sont demeurées globalement stables à 5,34 milliards de dirhams, tout comme les dépôts d’épargne, qui se sont maintenus autour de 10,09 milliards de dirhams. La progression des ressources non rémunérées permet à la banque de disposer d’une base de financement plus abondante tout en limitant le coût de sa collecte.

Le produit net bancaire consolidé a atteint 1,91 milliard de dirhams au premier semestre, en hausse de 7,8 % sur un an. Cette croissance a été principalement soutenue par la marge nette d’intérêt, qui a progressé de 13,1 % pour s’établir à 1,47 milliard de dirhams.

La banque attribue cette évolution au développement de son activité commerciale, à la maîtrise du coût de ses ressources ainsi qu’à la contribution de sa filiale Crédit du Maroc Leasing et Factoring. La croissance des volumes de crédit, combinée à une structure de dépôts favorable, a ainsi permis de consolider les revenus issus de l’activité bancaire traditionnelle.

La marge sur commissions s’est élevée à 259 millions de dirhams. Elle a notamment bénéficié du développement des activités de Crédit du Maroc Assurances et de Crédit du Maroc Patrimoine, ainsi que du démarrage de CDM Pay, la nouvelle activité de paiement de la banque.

Les opérations de marché ont, en revanche, connu un semestre moins favorable. Leur résultat a reculé de 13,8 %, à 226 millions de dirhams, sous l’effet du ralentissement de l’activité obligataire dans un environnement géopolitique incertain. La bonne tenue des opérations de change n’a que partiellement compensé ce repli.

Le résultat brut d’exploitation a progressé de 9,9 %, pour atteindre 1,06 milliard de dirhams. Cette amélioration, supérieure à celle du produit net bancaire, témoigne d’une évolution contenue des charges générales d’exploitation.

Le coefficient d’exploitation s’est ainsi amélioré de 104 points de base pour s’établir à 45 %. Autrement dit, la banque a consacré une part moins importante de ses revenus à la couverture de ses coûts de fonctionnement, renforçant mécaniquement son efficacité opérationnelle.

Crédit du Maroc a parallèlement poursuivi ses investissements dans la transformation de son modèle. Au cours des six premiers mois de l’année, 108 millions de dirhams ont été engagés, principalement pour consolider les infrastructures technologiques et accompagner la modernisation des outils et des services.

L’amélioration de la rentabilité s’explique également par le recul marqué du coût du risque. Celui-ci s’est limité à 28 millions de dirhams, en baisse de 78,4 % par rapport au premier semestre 2025.

Les créances en souffrance ont néanmoins augmenté de 8,2 %, pour atteindre 4,25 milliards de dirhams. Leur poids relatif dans le portefeuille global s’est toutefois réduit, le taux de créances douteuses et litigieuses reculant de 50 points de base pour s’établir à 6,6 %.

Le taux de couverture des créances en souffrance s’est, de son côté, amélioré à 86,2 %. Cette évolution traduit le maintien d’un niveau élevé de provisionnement face aux risques de défaut, malgré la progression nominale des créances dégradées.

Après la clôture du semestre, la banque a franchi une nouvelle étape dans le renforcement de sa structure financière. Crédit du Maroc a finalisé en juillet son augmentation de capital en numéraire, réservée aux actionnaires et aux détenteurs de droits préférentiels de souscription.

L’opération avait reçu le visa de l’Autorité marocaine du marché des capitaux le 12 juin 2026. Le Directoire en a constaté la réalisation définitive lors de sa réunion du 23 juillet.

Au total, 745 285 actions nouvelles ont été émises pour un montant global proche de 699 millions de dirhams. Cette somme comprend 74 millions de dirhams intégrés au capital social et près de 624 millions de dirhams au titre de la prime d’émission.

Les demandes de souscription ont atteint 884 millions de dirhams, correspondant à un taux de couverture de 1,27 fois. Ce niveau de demande témoigne de l’intérêt des investisseurs pour l’opération et de leur confiance dans les perspectives de développement de l’établissement.

Entre croissance des crédits, amélioration de la rentabilité et renforcement des fonds propres, Crédit du Maroc aborde ainsi le second semestre avec une assise financière consolidée. La banque devra désormais transformer cette dynamique en croissance durable, tout en poursuivant ses investissements technologiques et en maintenant sa vigilance sur la qualité de son portefeuille de crédits.