AVANT L’ÉPISODE III — UN MOT À MES LECTEURS

Mes chers lecteur,

Avant de lire ce troisième volet, je vous demande une chose, une seule : revenez d’abord aux épisodes I et II. Je les ai réunis à dessein. Ce n’est pas une coquetterie d’auteur, c’est une construction.

Le premier vous montre la fabrique : l’été 1990, le costume gonflable, le cimetière des chefs. Le second vous montre la facture : le Golfe en flammes et nous, spectateurs sans mémoire. Sans eux, le troisième ne serait qu’une colère de plus. Avec eux, il devient une lecture de ce qui nous attend.

Car l’épisode III ne parle pas d’hier. Il parle de cette semaine : une carte qui s’agrandit, une protection qu’on nous propose comme un abonnement, un président qui tend son chapeau, la Turquie qu’on guette, et le vieux poison de la division entre sunnites et chiites qu’on remet sur la table. Et parce que dénoncer ne suffit pas, il se termine par sept propositions.

Je vous l’écris très sincèrement : je n’ai jamais pris ma plume avec autant de gravité. Ce que vous allez lire n’est pas une prophétie, c’est un avertissement. Et un avertissement ne vaut que s’il est entendu à temps.

Alors lisez dans l’ordre. Prenez votre temps. Puis, à la dernière ligne, posez-vous la seule question qui compte : spectateur ou acteur ?

Le bouquet final, c’est vous qui l’allumerez.

Jawad SALMANE
Directeur de Publication — Journal du Maroc