GAZODUC NIGERIA-MAROC : LE GHANA SALUE UNE ÉTAPE « HISTORIQUE » POUR L’INTÉGRATION AFRICAINE

Le Ghana a exprimé son enthousiasme à l’égard du projet de Gazoduc africain atlantique reliant le Nigeria au Maroc, qualifiant cette initiative d’historique pour l’avenir énergétique et économique du continent.
S’exprimant dimanche à Lungi, en Sierra Leone, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a salué l’impulsion donnée par le roi Mohammed VI à ce vaste chantier régional. Il a également souligné la fierté de son pays de participer activement à sa mise en œuvre dans le cadre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.
Le chef de la diplomatie ghanéenne intervenait en marge de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, organisée en Sierra Leone. À cette occasion, il a insisté sur la portée stratégique d’une infrastructure appelée à relier plusieurs économies d’Afrique de l’Ouest et à favoriser une coopération régionale plus étroite.
Pour Accra, le futur gazoduc ne se limite pas à un projet de transport énergétique. Il constitue également un investissement structurant susceptible de renforcer l’intégration africaine, de soutenir la croissance industrielle et d’améliorer les capacités de production des pays concernés.
Samuel Okudzeto Ablakwa a ainsi rappelé que l’industrialisation du continent nécessitait des investissements massifs dans les infrastructures. L’accès à une énergie plus régulière et plus compétitive représente, selon lui, une condition essentielle au développement des entreprises, à la transformation locale des ressources et à la création d’emplois durables.
Le Ghana, l’une des principales économies de la CEDEAO, voit également dans cette infrastructure une occasion de consolider les échanges entre les pays de la région. La mise en place d’un réseau gazier commun pourrait contribuer à réduire les disparités énergétiques, à sécuriser l’approvisionnement des industries et à renforcer les complémentarités entre les marchés nationaux.
Cette déclaration intervient alors que les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO ont assisté, à Freetown, à la signature de l’accord intergouvernemental encadrant le développement du Gazoduc africain atlantique. Ce texte doit établir les bases juridiques, institutionnelles et réglementaires nécessaires à la réalisation du projet.
Longue de près de 6 800 kilomètres, l’infrastructure doit acheminer le gaz naturel du Nigeria vers le Maroc en longeant la façade atlantique du continent. Elle traversera plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest avant d’être raccordée, dans le nord du Royaume, au réseau gazier européen.
Le projet ambitionne parallèlement d’alimenter les économies situées sur son parcours. Les États concernés pourraient ainsi disposer de points d’accès au gaz destinés à la production d’électricité, au développement industriel et à la satisfaction de leurs besoins énergétiques internes.
Le soutien exprimé par le Ghana vient renforcer l’assise politique régionale du gazoduc. D’abord porté par le Maroc et le Nigeria, le projet apparaît désormais comme une infrastructure collective à laquelle plusieurs pays de la CEDEAO associent leurs ambitions de développement, d’industrialisation et d’intégration continentale.


