GAZODUC NIGERIA-MAROC : LE TOGO SOULIGNE LA PORTÉE RÉGIONALE DE LA VISION ROYALE

Le Togo a réaffirmé son soutien au projet de Gazoduc africain atlantique reliant le Nigeria au Maroc, estimant que cette infrastructure pourrait accélérer l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest tout en contribuant au désenclavement des États du Sahel.
S’exprimant dimanche à Lungi, en Sierra Leone, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a salué la vision portée par le roi Mohammed VI autour de ce projet énergétique d’envergure continentale.
Le chef de la diplomatie togolaise intervenait en marge de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Selon lui, les dirigeants de la région ont exprimé leur adhésion à cette initiative ainsi qu’aux actions conduites par le Maroc en faveur des pays ouest-africains, notamment ceux confrontés aux contraintes géographiques et économiques du Sahel.
Robert Dussey a, dans ce contexte, réitéré le plein appui de Lomé au projet et félicité le Royaume pour son engagement dans sa réalisation. Il a souligné que l’intérêt du gazoduc dépassait largement la seule question de l’approvisionnement énergétique.
En reliant les pays de la CEDEAO le long de la façade atlantique, l’infrastructure pourrait contribuer à la constitution d’un corridor économique régional, faciliter les échanges entre les États traversés et améliorer leur connexion avec les marchés internationaux, en particulier européens.
Cette dimension revêt une importance particulière pour les pays enclavés du Sahel, dont l’accès aux infrastructures énergétiques, portuaires et commerciales reste limité. Le futur gazoduc pourrait ainsi servir de point d’appui à de nouveaux réseaux régionaux et renforcer les complémentarités entre les économies côtières et celles de l’intérieur du continent.
La déclaration du ministre togolais intervient à la suite de la signature, à Freetown, de l’accord intergouvernemental encadrant le développement du Gazoduc africain atlantique. Ce texte définit le cadre institutionnel et juridique appelé à organiser la participation des pays membres de la CEDEAO à ce chantier stratégique.
D’une longueur avoisinant 6 800 kilomètres, l’ouvrage doit transporter le gaz naturel depuis le Nigeria jusqu’au Maroc en traversant plusieurs États de la côte atlantique africaine. Il devrait ensuite être raccordé au réseau gazier européen à partir du nord du Royaume.
Au-delà de l’acheminement du gaz, les pays concernés espèrent que le projet favorisera la production d’électricité, le développement industriel et une meilleure valorisation des ressources énergétiques africaines. Il pourrait également permettre la création de points d’approvisionnement nationaux destinés à répondre aux besoins des populations et des entreprises situées sur son parcours.
La position exprimée par le Togo témoigne du soutien politique croissant dont bénéficie le gazoduc au sein de la CEDEAO. Initialement conçu comme un partenariat stratégique entre Rabat et Abuja, le projet s’affirme progressivement comme une initiative régionale destinée à rapprocher les économies ouest-africaines et à renforcer leur souveraineté énergétique.


