MERCI WALID

Les séparations et les départs peuvent toujours arriver, c’est la loi de la vie et de toutes les trajectoires. Mais, les plus belles sont celles marquées du sceau du respect, avec l’art et la manière, surtout quand il est question de la séparation d’un grand entraîneur avec les instances fédérales à qui il a rendu des services presque impossibles à égaler.

Une page est tournée. Une belle page, il faut le souligner. Celle d’un entraîneur de classe mondiale qui a construit une grande équipe marocaine de football, qui a permis au Maroc de rayonner dans le monde en allant jouer une demi-finale et une place de classement dans la coupe du monde 2022. Et c’est à travers un message court (c’est dire la parcimonie du langage et certainement l’émotion) que Walid Regragui annonce son départ : « Dima Maghrib. Dieu. Patrie. Roi. Merci ». Le sélectionneur marocain laisse derrière lui un grand vide et surtout un statut qu’il faut préserver. Un vide parce qu’il a la touche, il a la manière, il a la philosophie et une vision de ce qu’est une équipe nationale de football qui fait peur à tous les grands du ballon rond, de la France à l’Allemagne en passant par le brésil, l’Espagne, l’Argentine et le Portugal. Une équipe destinée selon Toni Kroos, l’architecte du football allemand à jouer un rôle d’épouvantail lors de la coupe du monde 2026 et pourquoi pas jouer la finale, sous Walid Regragui. Se séparer de Walid Regragui, à moins de 100 jours du lancement du mondial, peut être une terrible erreur. On ne change pas une grosse équipe qui gagne et qui a réussi à mettre tout le monde d’accord depuis 2022. Et ce n’est certainement pas un cadeau pour le successeur de Walid Regragui qui hérite d’une énorme responsabilité : au moins égaler les performances de Regragui, sinon, les dépasser à ramener le sacre au Maroc en juillet 2026. Évidemment, nous souhaitons une excellente chance et un grand courage à monsieur Ouahbi, qui a la lourde mission de faire mieux, dans des conditions qui sont loin d’être optimales. Diriger un groupe à trois mois d’un mondial n’est jamais une chose facile, mais, l’avenir nous le dira.

Quoi qu’il en soit, il y a la manière dont se sont déroulées les discussions de la séparation avec le coach national qui pose une grave question : celle de la gratitude dont nous restons incapables, à plus d’un égard, et chez une grande majorité. Tout le monde semble oublier qu’avant Walid Regragui, nous étions dans le ventre mou du classement FIFA, et que nous étions presque toujours éliminés au premier tour sinon en huitièmes de finale. Et voici un miracle doublé d’un défi lancé aux yeux du monde signé Walid Regragui, qui joue, pourtant, la finale de la CAN avec la finale surréaliste que l’on a tous vue et qui n’est certainement pas à mettre dans le CV de Walid Regragui. D’autres paramètres ont décidé de l’issue de cette finale, qui reste une finale. Mais le travail de l’entraîneur national a été impeccable, il faut le dire et y insister. Cet homme mérite tous les égards et à coup sûr une place spéciale dans les annales du sport national et international. Son parcours parle pour lui. Ses résultats, ses exploits, faut-il dire, plaident pour lui.

On retient donc que le passage de Walid Regragui très marquant à la tête de la sélection nationale a hissé le Maroc au rang des grandes équipes nationales que toute la planète football redoute. Et on retient également que son départ a été annoncé avec une vidéo publiée sur Instagram par le grand coach marocain qui a partagé une séquence revenant sur les moments forts de son passage à la tête de la sélection nationale. Une manière de revenir sur près de trois années passées aux commandes des Lions de l’Atlas, depuis sa nomination le 31 août 2022.

Son legs est immense. L’héritage qu’il laisse est grandiose. Quel sera l’avenir des Lions de l’Atlas sans la vision Walid ? Wait and see.