UN VISAGE INHUMAIN

Aux USA, on ne peut pas protester comme on veut. On peut se faire tuer. On peut recevoir une balle. On peut y laisser sa vie. Les exemples sont légion. Au Maroc, on peut sortir par millions, respectant le sens d’une manif et on peut rentrer chez soi sain et sauf. Vous allez nous dire que des étudiants se sont fait tabasser devant le Parlement… On vous l’accorde, c’est inhumain. C’est condamnable, cela est absolument inadmissible dans un pays comme le Maroc, On n’a pas dit, non plus, qu’au Maroc tout était parfait. Loin de là. Mais, encore une fois, comparé aux USA et à la France, comparé à de nombreux pays de ce qu’il est convenu de nommer aujourd’hui Occident, il vaut mieux avoir affaire à un agent de la police marocaine qu’à un bulldozer américain ou aux CRS français. Le rouleau compresseur made in USA rétame tout sur son passage. Sans parler du traitement réservé aux minorités : les Latinos, les Blacks, les Asiatiques, les Arabes, les Musulmans, les Native Americans…
L’image de Manhattan, avec son aspect astiqué, cache dans les ruelles une misère humaine criarde. Celle des Champs-Élysées n’est pas plus glorieuse, non plus. Au pays de la liberté, on compte le plus grand nombre de criminels et de prisonniers, avec pas moins de 2.300 000 détenus. C’est l’équivalent de quatre fois la population d’un pays comme l’Islande. Cela représente près du quart de la population carcérale mondiale. En 2018, on comptait 655 détenus pour 100 000 habitants, soit six fois plus qu’un pays comme la France, à titre d’exemple. L’univers carcéral aux États-Unis d’Amérique est tout bonnement un enfer à ciel ouvert dans des établissements de très haute sécurité où les détenus sont considérés pire que des animaux. Regardez l’exemple de la Prison de Guantanamo, à Cuba, et son camp Delta, qui n’obéit à aucune loi internationale sur les droits des prisonniers. Rappelez-vous de ce qui s’est passé à Abou Ghraib ! Et on ose signer des rapports sur les prisons des autres pays et du Maroc, dans le tas, en accusant tous les autres d’exactions, de dérives, de manquements aux droits humains. On marche sur la tête face à de tels rapports qui oublient de nettoyer devant chez eux avant de pointer les autres de tous les maux des sociétés dites modernes.


