TAUX DE DÉPRESSION AU MAROC – TRÈS GROSSE FATIGUE

6,54 % de la population du Maroc souffre de dépression. Nous sommes face à un chiffre qui donne froid dans le dos plaçant le le Maroc parmi les pays africains où la dépression frappe fort.
Ce n’est pas le premier rapport à lever le voile sur la santé mentale et psychiatrique des Marocains. Chaque année apporte son lot de chiffres qui versent tous dans le même sens: le Marocain est fortement déprimé. Dans ce sens, le dernier rapport publié par African Exponent, montre à quel point les cas de dépression sont importants au Maroc. Ce qui rend compte d’une situation sociale et économique complexe, marquée par le chômage, les disparités entre zones urbaines et rurales, la migration interne ainsi que les pressions sociales croissantes qui pèsent particulièrement sur la jeunesse. À cela s’ajoute une culture conservatrice, où la santé mentale demeure un sujet sensible, conduisant une grande partie de la population à recourir à des formes d’accompagnement non formelles ou spirituelles plutôt qu’à une prise en charge psychologique spécialisée. Le rapport souligne également que les défis en Tunisie découlent des transformations sociales, économiques et politiques survenues depuis la révolution de 2011. Parmi les facteurs relevés figurent le chômage, l’inégalité des opportunités, les pressions sociales exercées sur les jeunes et la stigmatisation persistante autour des troubles psychiques, qui freine l’accès aux soins.
Selon le document, le Maroc partage avec la Tunisie une problématique centrale : l’écart marqué entre zones urbaines et rurales. Dans les campagnes, le manque d’opportunités économiques réduit la possibilité pour les habitants de générer des revenus stables, ce qui entraîne migrations, éclatement des familles, pressions financières et souffrances psychologiques. Ces éléments favorisent l’aggravation des troubles dépressifs, particulièrement chez les jeunes et les adultes.
Toujours d’après le rapport, le Maroc se classe troisième en Afrique, derrière la Tunisie et le Lesotho, ce dernier enregistrant environ 6 631 cas (6,89 % de la population). Suivent ensuite le Gabon (5 857 cas, 6,16 %), le Cap-Vert (5 851 cas, 6,09 %), la République du Congo (5 707 cas, 5,78 %), la Libye (5 554 cas, 5,72 %), l’Afrique du Sud (5 415 cas, 5,56 %), l’île Maurice (5 317 cas, 5,44 %) et la Guinée équatoriale (5 304 cas, 5,49 %).
Le rapport note que ces pays font face à des défis communs : disparités économiques, chômage élevé, tensions politiques, pressions sociales, mais aussi faiblesse des infrastructures sanitaires et manque de sensibilisation autour de la santé mentale. Dans ce contexte, le Maroc a entrepris ces dernières années plusieurs démarches stratégiques : élargissement des structures de santé mentale, augmentation du nombre de centres et d’hôpitaux spécialisés, mais aussi formation de médecins généralistes afin de faciliter le dépistage précoce et la prise en charge des cas de dépression. L’objectif affiché est de renforcer la capacité du système de santé à intervenir dès les premières manifestations des troubles. Le rapport d’African Exponent souligne que les campagnes nationales de sensibilisation visent à briser la stigmatisation qui entoure encore les maladies psychiques, tout en incitant écoles et universités à intégrer des services de conseil psychologique dans leurs programmes. Une démarche qui permet de doter les jeunes d’outils pour mieux affronter les difficultés psychosociales.
Le document relève également que le Maroc s’inspire d’expériences menées dans d’autres pays africains ayant choisi d’intégrer la santé mentale aux soins de santé primaires, en formant infirmiers et médecins et en développant des programmes communautaires. La Tunisie et le Lesotho, par exemple, ont mis en place de vastes campagnes de sensibilisation, des dispositifs de soutien psychologique pour la jeunesse et des services de conseil accessibles dans les milieux urbains comme ruraux, avec une attention particulière à la prévention précoce et à l’intervention rapide.
Le Royaume développe par ailleurs une infrastructure numérique au service de la santé mentale : applications d’accompagnement psychologique, lignes d’écoute téléphonique et intégration de la santé mentale dans les programmes de formation professionnelle, afin de garantir un accès plus rapide et efficace aux soins. Toutes ces initiatives visent à faire de la santé mentale un axe essentiel des politiques nationales de développement social et sanitaire, en intégrant le bien-être psychologique dans les stratégies d’emploi, d’éducation et de jeunesse. Le rapport ajoute que le Maroc cherche aussi à renforcer les programmes destinés à réduire les pressions psychologiques liées à la migration interne, à la séparation des familles et aux difficultés économiques, notamment par le soutien aux ménages et aux communautés locales, la mise en place de centres de conseil en zones rurales et l’amélioration de l’accès aux services spécialisés.


