SAFRAN PROPULSE LE MAROC PARMI LES GÉANTS MONDIAUX DE L’AÉRONAUTIQUE

Le Maroc franchit un nouveau palier dans son ambition de s’imposer parmi les grandes plateformes mondiales de l’industrie aéronautique. Le lancement à Nouaceur d’une usine consacrée à la fabrication de trains d’atterrissage pour le groupe Safran élargit le périmètre industriel du Royaume à l’un des segments les plus complexes et les plus stratégiques de la construction aéronautique.
Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, accompagné de Son Altesse Royale le Prince Héritier Moulay El Hassan, a présidé au Palais Royal de Casablanca la cérémonie de présentation et de lancement de ce projet. Par sa dimension technologique, son niveau d’investissement et la nature des équipements qui y seront produits, le futur site confirme la montée en gamme progressive de l’écosystème aéronautique marocain.
Implantée au sein de la plateforme industrielle intégrée «Midparc» de Nouaceur, l’usine sera exploitée par «Safran Landing Systems». Elle est appelée à devenir l’un des plus importants centres de fabrication de systèmes d’atterrissage du groupe à l’échelle mondiale.
Le projet introduira au Maroc des activités industrielles à forte valeur ajoutée, allant de l’usinage de précision à l’assemblage de composants complexes, en passant par les essais, la certification et la maintenance avancée. Il ne s’agit donc plus seulement d’accueillir des opérations de sous-traitance, mais de produire sur le territoire national des équipements critiques situés au cœur du fonctionnement et de la sécurité des appareils.
Dédié notamment à la famille Airbus A320, le futur site sera équipé de technologies de production de dernière génération. Son implantation traduit la confiance accordée au tissu industriel marocain, mais aussi sa capacité à répondre aux exigences particulièrement élevées du secteur aéronautique en matière de qualité, de traçabilité et de performance.
Ce nouveau projet s’inscrit dans une trajectoire industrielle impulsée sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste. En deux décennies, le Maroc a progressivement construit un écosystème réunissant des infrastructures logistiques modernes, une offre de formation spécialisée, des ressources humaines qualifiées et un environnement capable d’attirer les principaux acteurs mondiaux du secteur.
Un film institutionnel projeté au début de la cérémonie est revenu sur cette transformation. Il a retracé le chemin parcouru par le Royaume dans les domaines de la modernisation industrielle, de l’innovation et du développement des compétences, autant de leviers qui lui ont permis de s’affirmer comme une plateforme aéronautique reconnue à l’échelle internationale.
Prenant la parole devant Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a rappelé que le Maroc s’était hissé, en une vingtaine d’années, au rang des destinations aéronautiques de référence. Cette évolution repose sur une stratégie de long terme, mais aussi sur la présence durable de groupes internationaux ayant accompagné l’élargissement et la sophistication de la base industrielle nationale.
Safran occupe, à cet égard, une place particulière. Présent au Maroc depuis plus de vingt-cinq ans, le groupe a accompagné la montée en compétence de l’industrie aéronautique nationale et l’intégration progressive de nouveaux métiers. L’usine de trains d’atterrissage constitue désormais une étape supplémentaire dans ce partenariat historique.
Le projet sera réalisé sur un terrain de plus de sept hectares. Pour Ryad Mezzour, la production au Maroc de systèmes aussi complexes démontre la capacité du Royaume à maîtriser des procédés industriels de haute technicité et à renforcer sa position dans les chaînes de valeur mondiales de l’aéronautique.
Cette montée en gamme repose aussi sur le capital humain. Le secteur emploie déjà près de 25.000 personnes au Maroc, formées aux normes et aux métiers les plus exigeants de l’industrie aéronautique. Le nouveau site doit offrir de nouvelles perspectives aux ingénieurs, techniciens et opérateurs marocains, tout en favorisant le transfert de compétences et l’émergence de profils encore plus spécialisés.
Le président du conseil d’administration de Safran, Ross McInnes, a rappelé qu’un complexe industriel consacré aux moteurs d’avions avait déjà été lancé en octobre dernier sous la présidence de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste. Il s’est dit heureux de poursuivre avec le Royaume cette «épopée technologique et d’embarquer le Royaume dans une nouvelle aventure : celle de la production de systèmes particulièrement critiques à bord des avions – les trains d’atterrissage».
Le futur complexe figure parmi les projets les plus ambitieux du groupe dans ce domaine. Il regroupera des procédés de haute technologie et des expertises essentielles à la fabrication des équipements d’atterrissage, dans un contexte où les avionneurs cherchent à accélérer leurs cadences de production tout en sécurisant leurs chaînes d’approvisionnement.
«Ce qui nous permettra d’accompagner la montée en cadence de la production de la famille Airbus A320 et de préparer la prochaine génération d’avions court et moyen-courriers», a expliqué Ross McInnes.
La localisation du site constitue également un avantage stratégique. Installée à proximité des unités marocaines de Safran et des lignes européennes d’assemblage d’Airbus, l’usine permettra de raccourcir les circuits industriels, de fluidifier les échanges entre les différents maillons de production et de renforcer la résilience de l’ensemble du dispositif.
L’investissement annoncé dépasse 280 millions d’euros. À terme, le site devrait créer 500 emplois directs et fonctionner exclusivement grâce à une énergie décarbonée. Cette dimension environnementale inscrit le projet dans les nouvelles exigences de l’industrie aéronautique mondiale, engagée dans une réduction progressive de son empreinte carbone.
L’impact attendu dépasse toutefois les limites de l’usine. En s’implantant à Nouaceur, Safran pourrait attirer de nouveaux équipementiers, sous-traitants et fournisseurs spécialisés, contribuant ainsi à densifier l’écosystème marocain et à accroître son niveau d’intégration locale.
Ross McInnes a insisté sur la portée du partenariat, soulignant que Safran ne produit pas simplement au Maroc, mais avec le Maroc. Une formule qui traduit la volonté du groupe d’inscrire sa présence dans une logique de coopération industrielle durable, fondée sur les compétences locales, la confiance et le développement conjoint de capacités technologiques.
Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, a ensuite présidé la cérémonie de signature du protocole d’accord relatif à l’installation de l’usine. Le document a été signé par Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, et Ross McInnes, président du conseil d’administration de Safran.
Premier fabricant mondial de moteurs destinés aux avions court et moyen-courriers et troisième acteur aéronautique mondial hors avionneurs, Safran renforce ainsi une présence engagée au Maroc depuis un quart de siècle. Ce nouvel investissement témoigne de la confiance du groupe dans les perspectives industrielles du Royaume et dans sa capacité à produire des équipements parmi les plus sensibles de l’aéronautique moderne.
Avec cette usine, le Maroc ne se contente plus de consolider une industrie déjà performante. Il élargit son champ d’expertise, approfondit son intégration dans les chaînes mondiales et accède à des métiers jusque-là réservés à un cercle restreint de plateformes industrielles. La fabrication de trains d’atterrissage marque ainsi un changement d’échelle : celui d’un Royaume qui aspire désormais à compter non seulement parmi les bases compétitives du secteur, mais parmi ses pôles technologiques de référence.


