ATTRACTIVITÉ FINANCIÈRE EN AFRIQUE – LA CDG MONTRE LA VOIE

La Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), l’IFC et plusieurs institutions financières africaines ont insisté sur la nécessité de structurer les marchés, d’assouplir les normes prudentielles et de renforcer la gouvernance pour stimuler les investissements locaux et internationaux.
L’attractivité financière africaine réside dans la collaboration et la modernisation des cadres règlementaires, a relevé, lundi à Casablanca, le Directeur Général de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), Khalid Safir.
« Il est essentiel d’améliorer les cadres réglementaires, de développer des plateformes d’agrégation de projets et d’assouplir les normes prudentielles des fonds de pension afin de favoriser l’attractivité financière africaine », a dit Khalid Safir lors d’un panel sous le thème « Des milliards dormants : quelles solutions pour activer l’épargne institutionnelle africaine? » dans le cadre de l’Africa Financial Summit (AFIS-2025). Khalid Safir a mis l’accent sur la fragmentation du continent africain qui freine considérablement l’investissement international, insistant sur le caractère indispensable de « la collaboration entre régulateurs, gestionnaires privés et acteurs publics pour lever les freins actuels ». De son côté, le Directeur des prêts syndiqués et de la mobilisation au sein de IFC (l’International Finance Corporation – Société Financière Internationale), Kevin Njaraini, a relevé l’intérêt stratégique pour l’Afrique de la monétisation des actifs publics, par le biais de ventes, concessions ou contrats à long terme, pour attirer des capitaux privés et des expertises, notamment dans le développement des infrastructures et la fourniture des services publics.
Il a souligné que « la réussite de ces opérations repose sur une gouvernance transparente et un cadre réglementaire protecteur ».
Ainsi, Njaraini a insisté sur le fait que « la bonne gestion des revenus issus de ces transactions est essentielle pour garantir un impact positif et durable ».
Pour sa part, le Directeur Général de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) en Côte d’Ivoire, Denis Charles Kouass, a mis l’accent sur l’importance d’une gestion collective efficace, malgré certaines rigidités réglementaires, reposant sur des horizons d’investissement clairement définis.
Dans ce sens, il a appelé à une coopération étroite entre acteurs publics et privés, pour assurer la pérennité et la croissance du financement local.
De son côté, Charles de Boieserieu, Associé au groupe Forvis Mazars a relevé les disparités dans le développement des institutions financières africaines, rappelant que malgré l’émergence d’une classe moyenne et une formalisation accrue des structures, la mobilisation de l’épargne locale demeure freinée par « des réformes incomplètes » et des systèmes d’assurance encore fragiles.
Selon lui, la canalisation des capitaux domestiques vers des projets locaux requiert que les investisseurs institutionnels parviennent à surmonter « les obstacles réglementaires et structurels », notamment en adoptant des instruments financiers innovants comme les obligations vertes et sociales.
Il faut ici souligner que l’AFIS se veut une plateforme de partage d’idées et de réflexion stratégique par excellence. Ce sommet, qui réunit cette année 1.250 leaders de l’écosystème financier, dont des représentants du secteur privé, des banquiers, des assureurs, des innovateurs fintech et des spécialistes des marchés de capitaux, aux côtés de décideurs publics et de régulateurs du continent et du monde entier, s’appuie sur six piliers qui explorent les principales tendances de la finance africaine. Il s’agit des « défis économiques mondiaux et de stabilité », des « perspectives de la banque commerciale », des « marchés des capitaux et la gestion d’actifs », de « la finance à impact et la durabilité », de « l’expansion de l’assurance » et des « fintech et la finance numérique ».


