À PROPOS DE « L’ARTICLE » DU JOURNAL « LE MONDE » SUR LE ROI ET LA MONARCHIE – « JOURNALISME » IMMONDE

Avant de répondre à ce texte commis, le 24 août 2025, par les rédacteurs du quotidien français « Le Monde », signé par Christophe Ayad et Frédéric Bobin, d’abord une précision en guise de rappel : ce sont bien les « journalistes » de la France qui ont toujours mis la déontologie en avant en accusant les médias étrangers de déformer les faits, d’en inviter à l’occasion et de manipuler les opinions. Jusqu’à preuve du contraire – et en voici, là, une énième preuve- la presse française a toujours tiré à boulets rouges sur tous les autres pays, de préférence arabes et islamistes, sur la base de « « on pense que », « il est probable que », « on déduit que », « il semble que », « certaines sources disent… » et d’autres formules oiseuses du même acabit pour étayer des rumeurs données pour authentiques vérités. Nous le savons, la France et les médias français sont les champions du monde, toutes catégories confondues, du don de leçons. C’est un sport olympique en France d’avoir la science infuse et d’en abreuver les autres, mais dans ce cas de figure, en l’espèce, le papelard agencé sur la Monarchie marocaine, sur la personne du Roi du Maroc, sur le Prince Héritier de la Nation, avec toutes les allégations sur les dessous des cartes dans le Palais Royal, les micmacs, les guerres d’intérêts des clans, autour de la personne du Souverain marocain, la santé du Monarque et les déductions qui s’appuient sur des suppositions, nous sommes très loin de cette même déontologie montée en épingle par ce même « Le Monde », qui, aujourd’hui encore, se fourvoie et commet un article d’une inanité accablante. À lire, ce texte, nous avons essayé de noter un début de fait avéré. Aucun. Pas un seul fait. Pourtant, le journalisme, c’est d’abord des faits, ensuite des faits, enfin des faits. Tous les aspects traités dans cet « article » sont des suppositions et des déductions. Pire, on appuie sur le qu’en-dira-t-on pour attester de fausses vérités. Mais dans quel but ? Pourquoi tout ce déballage d’absurdités et d’aberrations de la part d’un journal qui joue les parangons de vertu ? En dehors de porter atteinte à la Maison Royale du Maroc et d’injurier le Peuple marocain, nous n’y voyons aucune autre motivation, à plus forte raison, que ce que l’on couche sur du papier recyclé est un tissu de mensonges de très bas étage. Inutile d’énumérer une à une les rumeurs inventées et colportées dans ce texte, ce serait relayer le mensonge par procuration. Par contre, il faut rappeler au quotidien français et à ses journalistes télécommandés -ils ne le sont pas tous- que le journalisme, c’est la conscience d’une Nation. Il est évident que pour « Le Monde » et ce type de plumitifs et gratte-papiers, il en est de la véracité des faits comme des règles aléatoires des probabilités : «Pour le journaliste, tout ce qui est probable est vrai », comme le soulignait Honoré de Balzac, dans ce sens que certains se contentent de l’air du temps, de ce qui émane de la rumeur, pour lui donner corps et en faire une vérité. Pour d’autres, le journaliste est tel qu’il est défini par Karl Kraus : «Ne pas avoir d’idées et savoir les exprimer : c’est ce qui fait le journaliste», dans ce sens que l’on a affaire à un homme de plume qui commente, avec une certaine maîtrise, les idées des autres. Il peut en faire un texte potable et il peut même en faire carrière, comme on le voit depuis de longues années, ici et ailleurs, là où l’opinion fleurit et où le commentaire se substitue aux faits. Pourtant, comme le disait Aldous Huxley, même cachés, les faits restent les faits. Dans certains cas, comme celui qui nous concerne, «Un journaliste, c’est quelqu’un qui a manqué sa vocation », comme le répétait un homme comme Otto Von Bismarck. On veut devenir écrivain et on finit écrivain public. Ils sont légion dans ce cas de figure. Comme des réalisateurs qui n’ont pas pu l’être et qui finissent directeurs d’une institution de cinéma ou alors un peintre raté qui devient critique d’art. Ou alors, comme l’assène, avec ironie, Gilbert Keith Chesterton : «Le journaliste : un type qui travaille plus dur qu’aucun autre fainéant dans ce monde». On accepte son destin de fonctionnaire, derrière un bureau, on fait ses heures, on surfe sur le Net, on joue en ligne, on mate un truc cochon, on chatte et on livre son papelard, avant la fermeture des locaux. Pour un grand journaliste doublé d’un excellent écrivain comme Norman Mailer : «Qu’est-ce qu’un fait ?” demande le journaliste.
“Une fiction” répond le romancier». Là, nous sommes dans une autre sphère, celle des journalistes aguerris qui ont une véritable plume, qui savent écrire, qui réfléchissent, qui ont du coffre et qui savent sillonner des univers complexes pour en sortir avec des idées et des faits. D’autres grands écrivains ont eu ce parcours : Ernest Hemingway, Henry Miller, Ezra Pound, Lawrence Durrell, John Dos Passos, James Ellroy, Günter Grass, un prix Nobel, Milan Kundera, Abderrahmane Mounif, Sonallah Ibrahim, Elias Sanbar, Naguib Mahfouz, un autre prix Nobel, Gibran Khalil Gibran et d’autres illustres figures d’une certaine littérature, qui va à l’essentiel, qui se passe des lieux communs et qui refuse le compromis et la compromission. Pierre Nora, dans ses Aphorismes, avance la définition suivante : «Le vrai journaliste est celui qui vend la mèche en se brûlant les doigts», alors qu’un anonyme jette un pavé dans la mare lors d’une émission de variété française en disant que : «Journaliste. D’abord, il lèche, puis il lâche et il lynche». Il faut dire qu’il y a beaucoup de vrai dans cette dernière définition. Le journaliste peut être complaisant, par amitié, par sympathie, par inclination idéologique. Puis, il peut changer d’opinion et revenir sur ses propos en rectifiant son propos allant jusqu’à moucher celui dont il fait l’éloge jadis. Dans ce changement, certains peuvent devenir virulent et tomber lourdement sur ceux qu’ils ont portés aux nues dans le passé, à cause d’amitié qui se fissure, de divergence de points de vue, d’évolution humaine sur des chemins opposés. Ou alors, en étant à la solde de quelqu’un, d’une institution, d’un réseau de lobbying, d’un gouvernement ennemi… Ou alors, par simple méchanceté et par profonde bêtise, comme on en voit souvent, comme c’est le cas dans cette ébauche abjecte commise sur un pays et son Roi. Cela fait partie de la corporation, ce va-et-vient entre je t’aime, moi non plus, qui caractérise les humains entre eux. «Le journaliste doit avoir le talent de ne parler que de celui des autres», lançait, comme une boutade, Philippe Bouvard, à juste titre, du reste. Il est clair que la vérité, la véracité, la bienveillance et la générosité de cœur sont des valeurs rares dans ce métier. Par contre, «Il y a beaucoup de gens dont la facilité de parler ne vient que de leur impuissance à se taire», comme le disait Cyrano de Bergerac. Ces personnes parlent trop. Ils remplissent l’air de leurs jugements. Elles ont une opinion sur tout. Souvent, ces gens connaissent le prix de tout, et la valeur de rien. Face à ces individus, il y a une règle infaillible : si après avoir passé du temps à lire un « torchon », vous sentez que vous avez perdu une partie de votre belle énergie, évitez cette publication, à l’avenir. Et évitez ce qu’elle diffuse. Parce que l’écriture, surtout pour un journaliste, est une affaire sérieuse. Il en va comme pour le rire qui est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter. Bref, il est clair que l’on devient d’une manière ou d’une autre les livres qu’on lit. Tout comme on adhère plus ou moins aux journaux que l’on lit. Plus on a pris le pli d’une telle ou telle autre publication, plus on glisse vers l’adhésion à ce qui est avancé dans les tabloïdes et autres sorties des rotatives, mais il ne faut jamais perdre de vue que quand la table est dressée et que le couvert est mis et que la vérité manque à l’appel, la dignité est de quitter les lieux.


