STRUCTURATION DES CLUSTERS MARITIMES RÉGIONAUX – L’ÉCONOMIE BLEUE COMME PRIORITÉ

L’Association des Régions du Maroc en collaboration avec le partenariat WestMED, ont réuni pkus de 150 spécialistes du Maroc et de l’étranger, dans la capitale du Maroc, Rabat. Objectif principal, mettre les vases d’un débat de fond sur le rôle stratégique que peuvent incarner les territoires dans le développement d’une économie bleue, à la fois intégrée, efficiente et durable.
C’est un thème de grande actualité qui a été présenté à Rabat, le 31 mars 2026, avec des questions profondes sur les enjeux environnementaux et les économies vertes aujourd’hui dans le monde.
Cette conférence de haut niveau a réuni un panel d’experts de haut potentiel, avec des membres du gouvernement, des présidents de régions, des responsables d’institutions publiques, des opérateurs économiques et des experts et autres partenaires internationaux.
Les débats se sont croisés sur un point fondamental, à savoir, “quel le rôle peuvent jouer les régions dans l’émergence de clusters maritimes capables de dynamiser les territoires côtiers et de renforcer la compétitivité du Royaume”, comme l’ont précisé les organisateurs. En effet, c’est là une question cruciale pour le Maroc, qui jouit de plus de 3.500 kilomètres de littoral et une zone économique exclusive estimée à 1,2 million de km². Dans ce sens, le Royaume présente des atouts de premier ordre “pour développer des chaînes de valeur liées à la mer, génératrices de croissance et d’emplois”, comme l’ont souligné les experts. Dans ce sens, le chef adjoint de la délégation de l’Union européenne au Royaume du Maroc, Daniele Dotto, a déclaré que cet événement est plateforme importante pour consolider la portée du Partenariat Vert UE-Maroc signé en 2022, “et plus particulièrement son volet dédié à l’économie verte et bleue, qui représente le cadre stratégique de la coopération bilatérale… dans ce contexte, le Maroc soutenait la création d’un nouveau groupe technique dédié à cette thématique dans le cadre de l’initiative WestMed, lequel sera coordonné par la Tunisie et réunira des experts nationaux ainsi que des parties prenantes du secteur afin d’échanger les meilleures pratiques, d’élaborer des projets concrets et de combler les lacunes existantes en matière de compétences bleues dans la région”. Sans oublier que l’économie bleue représentait, dans les zones côtières du Maroc, près de 60% du PIB et 50% de l’emploi, ce qui en fait un levier absolument déterminant pour la trajectoire de développement économique du Royaume. Le responsable italien a aussi salué l’engagement du Maroc en la matière aux niveaux national et international.
Toujours selon les chercheurs participants à cette rencontre, les clusters maritimes, présentés comme des plateformes de coopération territoriale, “constituent l’un des leviers clés évoqués lors de cette rencontre. Ils visent à fédérer entreprises, institutions publiques, centres de recherche et acteurs du financement autour de projets communs, favorisant à la fois l’innovation, le développement des compétences et l’investissement”. Dans cette perspective, les objectifs sont identifiés: il s’agit de structurer “des écosystèmes intégrés, adaptés aux spécificités de chaque région, capables de transformer le potentiel maritime en valeur économique tangible”, comme l’ont affirmé les participants. Ces derniers ont également mis en perspective plusieurs modèles internationaux, notamment en Méditerranée et en Europe, afin d’identifier les bonnes pratiques en matière de gouvernance, de financement et de structuration des clusters. Ces retours d’expérience alimentent la réflexion nationale, en lien avec la Stratégie nationale de l’économie bleue (SNEB), appelée à jouer un rôle central dans l’accompagnement de ces dynamiques territoriales.
C’est ce qui fait dire à Mbarka Bouida, la présidente du Conseil de la région de Guelmim-Oued Noun et de l’Association des régions du Maroc (ARM) que “ Le Maroc dispose de nombreuses opportunités en matière de clusters maritimes, notamment celle de consolider son rôle de hub entre l’Afrique et l’Europe, de capter davantage de flux et de jouer un rôle clé dans la sécurité logistique, a indiqué, à l’occasion”. La responsable marocaine a indiqué que “cette rencontre visait à bâtir une réflexion autour du rôle de ces clusters au service d’une régionalisation avancée, un chantier fondateur et structurant du Royaume”.
Dans ce cadre, trois volets ont ponctués les travaux de cette réunion :d’abord le rôle des clusters dans le développement de l’économie bleue à l’échelle internationale ; ensuite, les approches opérationnelles adaptées aux réalités territoriales marocaines ; enfin, les mécanismes de financement et le renforcement des capacités pour le montage de projets intégrés.
Cette grande conférence a été clôturé par la lecture de « l’Appel de Rabat ». Il s’agit là d’une charte importante qui met l’accent sur plusieurs points: renforcer le rôle des régions, adapter les clusters aux spécificités locales, développer la coopération internationale et mobiliser davantage de financements bleus. Au-delà des déclarations d’intention, cette initiative traduit une volonté de passer à l’action, en ancrant le développement de l’économie bleue dans une logique territoriale concertée. Une orientation qui pourrait, à terme, repositionner les régions côtières marocaines comme de véritables hubs maritimes, au croisement des dynamiques économiques, environnementales et sociales.
Dans cette iptiaque, Mbarka Bouida a ajouté que “ La question maritime n’est plus appréhendée sous un angle strictement sectoriel, portuaire ou halieutique, car elle s’impose désormais comme un enjeu majeur de développement territorial, de compétitivité économique, de résilience, d’innovation, de durabilité et de projection stratégique dans un contexte géopolitique complexe où les clusters maritimes deviennent déterminants pour la sécurité et la stabilité socio-économique”. La présidente de l’ARM a également indiqué que le Maroc regorge, dans le domaine de l’économie bleue, d’atouts considérables, avec 3.500 kilomètres de côtes et 1,2 million de kilomètres carrés d’espace maritime, ainsi que d’un potentiel majeur en matière de logistique, d’industrie portuaire, de pêche, d’aquaculture, d’énergies renouvelables, de tourisme littoral et d’innovation” . Nous sommes là face à un grand potentiel qui “doit être structuré, hiérarchisé et organisé, puis intégré à la dynamique territoriale que connaît le Royaume, précisant que c’est à ce niveau que le rôle des régions devenait déterminant”.