PROJET DE L’AVENUE ROYALE – CASABLANCA CHANGE DE VISAGE

Le conseil communal de Casablanca a adopté, debut septembre, 2025, la convention de partenariat pour la réhabilitation de l’Avenue Royale. Avec une enveloppe de 2 milliards de dirhams, le projet prévoit le relogement de 16.000 familles et la création d’un parc écologique de 50 hectares, marquant une étape décisive pour ce chantier emblématique de la capitale économique.

C’est donc effectif. Le projet est désormais sur les rails. Après des années d’attente, de reports et de tergiversations, le projet de l’Avenue Royale refait surface. Le Conseil communal de Casablanca a tenu une session extraordinaire pour examiner et voter une convention de partenariat visant à accélérer la réalisation de ce chantier urbain emblématique. La séance, ouverte au public et organisée dans la grande salle de la Wilaya de la région Casablanca-Settat, illustre l’importance stratégique accordée à ce projet pour l’avenir de la capitale économique. Porté aujourd’hui par une nouvelle dynamique impulsée par le wali de la région, le projet change de cap grâce à une convention de partenariat qui redistribue les responsabilités et ouvre la voie à la réalisation de cette artère emblématique de la capitale économique. Conçu dès l’origine comme bien plus qu’une simple infrastructure urbaine, cette avenue devait incarner la modernisation de Casablanca et lui offrir une vitrine urbaine digne de son statut de capitale économique. Mais depuis son annonce, le chantier s’est enlisé dans des difficultés de financement et des blocages institutionnels, retardant son lancement effectif et nourrissant une attente croissante chez les Casablancais.

Pour donner un nouveau souffle à ce projet trentenaire, le wali de la région Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia, a appelé le conseil communal à se réunir en session extraordinaire pour examiner et valider une nouvelle convention. Ce document, qui reconnaît pour la première fois les blocages passés — notamment la question sensible du relogement des familles expropriées —, fixe les conditions de la restructuration. Il acte également le transfert des actifs immobiliers de l’Avenue Royale de la Société nationale d’aménagement communal SONADAC à la commune de Casablanca. L’enjeu prend aujourd’hui une dimension particulière à l’heure où le Maroc se prépare, aux côtés de l’Espagne et du Portugal, à accueillir la Coupe du monde 2030. Pour la mairie de Casablanca ce projet n’est pas seulement un axe urbain destiné à réaménager l’espace public et fluidifier la circulation : il constitue aussi un levier stratégique pour démontrer la capacité de Casablanca à recevoir des millions de visiteurs dans un cadre moderne et attractif. En effet, à terme, l’Avenue Royale ambitionne de devenir une nouvelle façade architecturale et culturelle de la ville. Le projet prévoit des espaces verts, des allées piétonnes, une meilleure organisation du trafic et une connexion renforcée entre les quartiers et les pôles économiques. Autant d’atouts qui en feraient un symbole de la transition urbaine de Casablanca, mais aussi une carte de visite internationale à l’approche du Mondial. Ce chantier, dont le lancement a été sans cesse reporté, illustre les difficultés à gérer ses grands projets urbains. Mais il a également nourri les aspirations des habitants, qui voient dans ce projet l’occasion d’un tournant historique pour leur ville. La session de ce mardi pourrait ainsi marquer le véritable coup d’envoi d’une réalisation qui se veut à la fois emblématique et structurante, et qui pourrait transformer Casablanca en une métropole résolument tournée vers l’avenir. Le projet de l’Avenue Royale franchit donc une étape cruciale puisque le conseil communal de Casablanca a approuvé à la majorité la convention de partenariat avec la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), permettant enfin le lancement des travaux de ce chantier structurant pour la capitale économique.

« La capitale économique vit, ce mardi 2 septembre 2025, un moment historique avec l’adoption de la convention relative au projet d’accélération de l’Avenue Royale, qui permettra la création du plus grand parc écologique de la ville », comme le précise la mairie de la capitale économique. Dans ce sens, les responsables ont rappelé que ce projet, estimé à 2 milliards de dirhams, vise à transformer l’axe reliant la mosquée Hassan II au boulevard Mohammed V en une vitrine moderne de la métropole, en phase avec la préparation du Maroc à la Coupe du monde 2030.

La convention adoptée met fin aux blocages hérités de la SONADAC. Elle prévoit le transfert gratuit des terrains concernés à la commune de Casablanca, ainsi que l’effacement des dettes. La CDG, quant à elle, prend en charge l’épineux dossier du relogement : environ 16.000 ménages et 2.500 locaux commerciaux et professionnels devront être déplacés, sans incidence sur le budget municipal. La mission d’accompagnement social est confiée à Casa Iskane & Équipements, chargée de garantir le suivi des familles et des commerçants. Par ailleurs, SONADAC s’engage à verser une contribution semestrielle de 250 millions de dirhams jusqu’en 2029, ainsi qu’une enveloppe immédiate de 12,79 millions de dirhams destinée à accélérer les opérations de démolition et de réaménagement des secteurs concernés.

Au-delà de la réorganisation urbaine, le projet se distingue par la création d’un parc écologique de 50 hectares, présenté comme le plus vaste de la ville. Il viendra compléter les nouveaux espaces verts de la métropole, tels que le parc de Lissasfa et le jardin de l’Oulfa. L’objectif est d’offrir aux Casablancais un espace moderne, durable et accessible, tout en améliorant l’image de la capitale économique à l’international.

Considéré depuis longtemps comme l’un des projets les plus emblématiques mais aussi les plus retardés de Casablanca, l’Avenue Royale semble cette fois sur la voie de la concrétisation. Les élus et les habitants attendent désormais que ce chantier, maintes fois repoussé, se traduise sur le terrain par une transformation effective, à la hauteur des ambitions affichées.

Il s’agit d’un un immense parc de 47 hectares, vaste poumon vert adossé à l’Avenue Royale et destiné à être le plus grand parc en Afrique, ainsi qu’un pôle urbain majeur à Hay Hassani, baptisé «Nouveau projet Nassim II». Mais comment ce projet colossal va-t-il se concrétiser ? Tout est dans la convention, qui fixe une feuille de route précise avec des étapes claires, des responsabilités définies et des financements garantis pour faire aboutir ce projet plusieurs fois reporté. Pour rappel,  durant plus de trois décennies, l’un des freins majeurs du projet, il faut le reconnaître, a été le flou institutionnel et l’imprécision des responsabilités des acteurs concernés. Cette fois-ci, les rôles sont tranchés. La commune de Casablanca récupère les actifs fonciers et les actifs de péréquation et devient autorité expropriante. À cet effet, elle conclue une convention de transfert d’actifs avec la SONADAC et la CIE dans les trois mois suivant la signature de la convention de partenariat. La wilaya assure la coordination et le contrôle légal. Elle est l’instance compétente pour le règlement de tout litige découlant de l’exécution des conventions et veille au respect des engagements de toutes les parties. La SONADAC, qui portait le projet depuis l’origine, met à disposition ses terrains et son financement. Elle est la cheville ouvrière du projet Nassim II. Ses engagements incluent la réalisation de toutes les études urbanistiques, techniques et environnementales nécessaires, l’obtention et l’exécution des Autorisations de lotir conformément au Masterplan. Elle transférera aux opérateurs les lots destinés au logement social (unités d’une valeur inférieure ou égale à 250.000 DH). De plus, elle conservera un droit de regard et peut effectuer des audits pour s’assurer du bon déroulement des opérations. Dans cette configuration, CIE devient le bras opérationnel pour démolir, indemniser et reloger. Elle travaille à l’affectation de logements aux bénéficiaires, avec un objectif initial de 1.400 logements prévu par une convention de financement de 2021. Un seuil qui pourra être augmenté dans le cadre d’éventuelles conventions de financement. La SDL établit et signe des conventions avec les promoteurs immobiliers et les organismes de financement pour garantir la réalisation de ces logements. Elle assure également la production de reportings mensuels sur l’avancement et la transmission des justificatifs de paiement. Pour ces missions, elle perçoit une commission calculée sur la base de 3.000 DH HT par indemnité servie et 5% HT du montant hors taxes des opérations de démolition et des études afférentes. Les préfectures de Casablanca-Anfa et Hay Hassani veillent quant à elles au bon déroulement des indemnisations et accompagnent la SONADAC dans les discussions avec les expropriés pour prévenir les retards. Elles assistent toutes les parties pour le transfert des obligations et le suivi des projets Nassim et Avenue Royale.

L

e point clef du chantier de la grande Avenue royale est de reloger dignement les familles installées sur le tracé. La SDL Casablanca Iskane a la lourde tâche d’assurer ce relogement, de verser les indemnités prévues et de superviser la démolition des sites. Pour garantir la transparence de cette opération, des conventions spécifiques de relogement seront signées et un accompagnement social est prévu pour éviter les drames sociaux et humains qui ont marqué par le passé des opérations similaires. SONADAC s’engage à verser 250 millions de dirhams tous les six mois jusqu’en 2029, soit un total de 2 milliards de dirhams. Parallèlement, Casa Iskane assumera la totalité des coûts liés au relogement, aux démolitions et aux aménagements.

Selon les termes du troisième avenant à la «Convention relative à la délégation de l’accompagnement social, du relogement et de démolition», signé en septembre 2024, un montant de 30 millions de DH devra être réservé au financement des indemnités forfaitaires d’aide au loyer, des indemnités de libération et des opérations de démolition. La Caisse de dépôt et de gestion (CDG) assure la supervision financière, garantissant que chaque dirham sera utilisé à bon escient, c’est-à-dire pour faire avancer le projet et non pour favoriser de nouvelles lenteurs. Toujours dans le cadre du financement, la convention inclut un élément d’une importance capitale : les actifs de péréquation. Ces biens immobiliers sont des éléments clés destinés à être transférés par la SONADAC à la commune de Casablanca, dans le but d’équilibrer financièrement et opérationnellement les projets d’envergure. Les actifs de péréquation proviennent principalement du reliquat du foncier Nassim, une zone de près de 200 hectares, et comprennent une série de terrains qui ne sont pas destinés directement au relogement ou aux équipements publics. Leur mission est toute autre : générer des recettes à travers leur valorisation immobilière : logements libres, activités commerciales et services. Ces revenus serviront à couvrir une partie des coûts liés au relogement des familles, aux indemnisations, aux démolitions et aux aménagements urbains. Intégrés dans le master plan du projet, les actifs de péréquation apportent une dimension économique et stratégique. Parmi eux, figurent des biens situés à Nassim d’une superficie de 2.852 m², ainsi que des terrains à Souk Korea (54.698 m²) et Souk Laâyoune (5.900 m²). On compte également un autre terrain situé au niveau du projet de Bechar El Kheir, d’une superficie globale de 13,25 hectares, qui intègre trois équipements publics couvrant 30.779 m² et un reliquat de terrain de 8,2 hectares aménagé en espaces verts. Les actifs incluent également le terrain «équipements» à Nassim, composé de six équipements totalisant 9.680 m², à savoir un marché de 2.318 m², une annexe communale Nassim de 295 m², un complexe administratif de 3.055 m², un club des résidents de100 m², une maison de jeunes de 236 m² et un club sportif de 3.679 m². Dans la liste figure aussi un terrain «équipements» à Islane extension, lequel est constitué de deux équipements pour un total de 1.223 m², à savoir une bibliothèque (605 m²) et une annexe communale (618 m²). Enfin, un terrain nommé «la Nouvelle Corniche» transformé en jardin public d’environ 13,09 hectares. Fin 2029, l’Avenue Royale devra avoir pris forme, matérialisant enfin une promesse vieille de 37 ans. Ainsi, dans les trois à six mois suivant la signature, les conditions partenariales doivent être réunies : transfert des actifs (sous 3 mois), renouvellement du décret d’expropriation (avant le 18 septembre 2025), signature des conventions spécifiques de relogement et mobilisation des financements. Les opérations de relogement et les démolitions se poursuivront, en parallèle des études urbaines et environnementales. Les années suivantes seront consacrées à la libération progressive des terrains et au démarrage des grands travaux d’aménagement. Elles marqueront également l’accélération des chantiers de construction de logements sociaux et d’équipements, avec un objectif de livraison progressive.