OMBRE INTÉRIEUR – UN TEXTE SANS ÂME

Rachid Ait Oufkir

J’ai reçu un livre qui m’a été envoyé par l’écrivain et journaliste, Abdelhak Najib, intitulé : « Ombre intérieure », signé madame Moundib Mounia. De prime abord, j’ai pensé que le titre pouvait être révélateur de quelque continu profond à la hauteur de l’âme dont il est supposé être question ici. J’ai lu le texte très vite -il est assez court-, mais quelle déception. Double déception, en somme. D’abord, par mon ami dont je respecte le parcours, l’expérience et surtout le grand critique littéraire qu’il est, lui qui a interviewé quelques-uns des plus grands auteurs vivants et non seulement du Maroc, mais partout ailleurs. Comment a-t-il pu accepter publier un tel texte à travers les Éditions Orion, qui ont quand même à leur actif des ouvrages signés par Mamoun Lahbabai, Peter Harper, Mounir Serhani, David Khayat, Docteur Imane Kendili, Ami Thakker, Morgan Chetty, Jean François Clément, Intissar Haddiya, Noureddine Bousfiha, Hynd Bouhia, Abdellah El Amrani, Docteur Aicha Al Khidr Luna Amer, des ministres, des ambassadeurs, des doyens d’universités, des philosophes de renom et surtout d’une grande crédibilité intellectuelles ? La réponse de monsieur Abdelhak Najib ne m’a pas convaincu. Du tout. Et ce, pour plusieurs raisons : d’abord le texte est mièvre. Il est sans teneur, sans contours, sans aucune valeur littéraire/ Franchement, il n’y rien d’intéressant à lire ni à y découvrir. Cette histoire si galvaudée de la jeune fille d’une famille bien lotie qui va finir par s’affirmer, c’est d’un banal littéraire affligeant. L’auteur y a placé tous les clichés du genre. Pourtant, Abdelhak Najib est tombé dans le piège de la mièvrerie à l’eau de rose.
On le sait, l’écrivain et philosophe, doublé du grand présentateur de télévision et cinéaste, auteur de plus de 100 ouvrages est un critique chevronné, il décortique tout, il est d’une implacable exigence et sans complaisance ni compromis. On sait aussi qu’il a toujours eu à cœur de donner leur chance aux débutants en leur ouvrant une porte donnant sur le monde de l’édition. Il l’a fait avec d’autres, et ce n’est pas sa première erreur dans ce registre. On peut citer les Mustafa Guéliz, Najat Belghali, Driss Korchi, Najib Bensbia, Wiam Khattabi, entre autres. Vous allez me dire que 6 ou 7 noms sur 300 titres, c’est epsilon, mais, publier des textes comme « Ombre intérieure » et en faire tout ce tapage médiatique, c’est une erreur d’éditeur, parce qu’encore une fois, j’ai lu ce texte et c’est un écrit plat, sans reliefs, mal écrit, sans âme, sans sincérité. Il s’inscrit dans ces textes soi-disant à la mode du monde de ce que l’on appelle le PNL, développement personnel, coaching et autres technicités approximatives de ce genre.
Sincèrement, on comprend qu’une maison d’édition comme Orion doit vivre et survivre dans un climat où le livre souffre terriblement, mais ajouter à sa bibliographie un titre aussi malencontreux fait du tort à Orion.