INTELLIGENCE ARTIFICIELLE – LE MAROC POINTE AU 66E RANG MONDIAL POUR L’USAGE DE CLAUDE

À mesure que l’intelligence artificielle générative s’impose dans les usages quotidiens, elle devient aussi un indicateur de la transformation numérique des économies. Selon la dernière édition de l’Anthropic Economic Index, publiée en juin, le Maroc occupe la 66ᵉ place sur 121 pays en matière d’utilisation de Claude, l’assistant conversationnel développé par Anthropic. Un classement qui situe le Royaume dans la moyenne mondiale, mais qui met surtout en lumière la manière dont les Marocains s’approprient ces nouveaux outils.

L’étude ne comptabilise pas le nombre d’utilisateurs, mais évalue l’intensité d’utilisation de Claude en la rapportant à la taille de la population de chaque pays. Avec un indice de 0,90, le Maroc affiche un niveau d’usage légèrement inférieur à celui attendu au regard de son poids démographique, le seuil de référence étant fixé à 1.

À l’échelle internationale, le Royaume se positionne derrière l’Arabie saoudite et le Koweït, mais devance plusieurs pays comme la Malaisie ou l’Ukraine. Dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient, la Tunisie apparaît comme le pays le mieux classé, tandis que l’Algérie et l’Égypte enregistrent des niveaux d’utilisation plus modestes. Le classement est dominé par des économies fortement numérisées, à commencer par l’Australie, Singapour, la Suisse, le Luxembourg et la Nouvelle-Zélande.

Au-delà du classement, les données offrent un aperçu révélateur des usages. Au Maroc, Claude est d’abord utilisé comme un outil d’apprentissage. Les demandes liées aux devoirs et aux travaux académiques représentent la première catégorie de conversations. Viennent ensuite la rédaction de présentations personnelles, le développement d’interfaces web, la création de contenus à vocation promotionnelle ainsi que la conception de présentations professionnelles. Les requêtes liées au lancement de projets entrepreneuriaux figurent également parmi les usages les plus fréquents.

Cette tendance se retrouve dans la répartition sectorielle des échanges. Les domaines de l’informatique et des mathématiques concentrent plus d’un quart des conversations enregistrées, confirmant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans les métiers du numérique. L’éducation arrive en deuxième position, devant les secteurs de la création, des médias, du design et du divertissement. Les activités commerciales et les questions liées au management complètent les principaux domaines d’utilisation.

Pour autant, l’Anthropic Economic Index invite à dépasser la lecture du classement. L’enjeu, souligne le rapport, n’est pas seulement d’augmenter le nombre d’utilisateurs, mais de transformer l’intelligence artificielle en véritable levier de compétitivité. Dans les pays où les infrastructures numériques, les compétences et les capacités d’innovation restent limitées, ces outils risquent de demeurer cantonnés à des tâches d’assistance ou d’automatisation.

Pour le Maroc, le défi est donc moins celui de la popularité des plateformes que celui de leur intégration dans les processus de production, l’enseignement, la recherche et l’innovation. La capacité à développer des compétences locales, à produire des solutions adaptées aux réalités nationales et à créer davantage de valeur grâce à l’intelligence artificielle pourrait, à terme, peser bien davantage que quelques places gagnées dans un classement international.