HOMMAGE À DAVID HOCKNEY – UN CERTAIN REGARD SUR LE MONDE

Né en 1937 à Bradford, dans le Yorkshire, David Hockney grandit dans une famille modeste. Son talent pour le dessin se manifeste très tôt, et il affine son trait dans les meilleures écoles artistiques anglaises, comme le Royal College of Art de Londres. Son talent est vite remarqué, et il devient l’un des jeunes artistes les plus en vue de la pop britannique des années 1960.
Son style audacieux plaît, lui qui combine influences pop art, figuration narrative et symbolisme très personnel. Alors que ses condisciples critiquent la culture de masse, Hockney, lui, l’embrasse avec affection et ironie, peignant les objets de la vie quotidienne avec un regard tendre et souvent humoristique.
Cette figure des plus influentes de l’art contemporain, est décédée chez lui à Londres, a annoncé vendredi son agente. Il « s’est éteint paisiblement chez lui le 11 juin 2026, un mois avant son 89e anniversaire », a indiqué dans un communiqué Erica Bolton, à la tête de l’agence qui le représentait. Il s’inspire des villas du quartier de San Bernardino pour créer sa première série majeure, peignant des piscines d’un bleu turquoise. Sa toile A Bigger Splash ne représente qu’un décor après l’action. Quelqu’un vient de plonger, on ne voit qu’un jet dans l’eau. Presque une photographie qui piège un instant fugace. Les reflets du soleil dans l’eau chlorée continueront à l’inspirer durant des années, même lorsqu’il sera revenu en Europe. En 1972, alors en séjour dans le sud de la France, il termine Portrait of an Artist (Pool with Two Figures), et ce sera son chef-d’œuvre. Deux hommes, une piscine, un paysage vallonné, une sensualité éclairante, un mystère palpable. C’est en fait un autoportrait, une métaphore de sa relation amoureuse avec le peintre Peter Schlesinger. La toile deviendra, en 2018, l’œuvre d’un artiste vivant la plus chère jamais vendue aux enchères, pour quelque 90,3 millions de dollars.
Les dernières années de sa vie, Hockney les passera en Normandie, terre de paysages impressionnistes qui a accueilli les plus grands : Monet, Renoir ou Pissaro. Il y trouve une lumière douce, et s’inspire de la nature environnante.
Sur toile, il peint le cycle des saisons, les arbres en fleurs, les chemins de campagne, les levers de soleil. Et sur son iPad, il dessine des paysages nocturnes qui rappellent Van Gogh.
A Bruxelles, Bozar accueillait une grande rétrospective en 2021, et en 2025, c’est au musée des Beaux-Arts de Mons que se tient une exposition qui explorait les relations entre l’humain et la nature à travers ses œuvres.


