15 ANNÉES D’AMATEURISME POLITIQUE ET D’HYPOCRISIE SOCIALE

L’Histoire ne pardonne rien. C’est sa raison d’être. Tout comme elle n’oublie rien. C’est dans ce sens que je vous invite à revenir 15 ans en arrière, alors que les manifestations de ce que l’on a appelé à tort « le printemps arabe » (un hiver gelé, faut-il le préciser !) avaient touché le Maroc. Ce qui avait donné corps à une nouvelle Constitution en 2011. Une réponse Royale qui a marqué l’histoire récente du Royaume, avec une sagesse absolue et une vision claire de l’avenir qui se profilait déjà pour le pays. Nouvelle Constitution, nouvelles directives, nouveaux acquis pour la démocratie et l’État de droit. S’ensuivent dix années avec le parti Justice et développement à la tête de la chose politique. Puis une débâcle, un ras-le-bol du peuple qui a fini en vote sanction en 2021 et l’arrivée au pouvoir du RNI, avec Aziz Akhannouch comme chef du gouvernement. Dans les deux cas, c’est le peuple qui a voté. Dans les deux cas, c’est le peuple qui a désigné, jadis, Abdelilah Benkirane incapable de répondre à ses attentes tout comme son successeur Saâd Eddine El Othmani. Dans les deux cas, c’est toujours ce même peuple qui a voté pour le RNI et le PAM, pour sanctionner le PJD.
En quinze ans, la situation politique et sociale au Maroc connaît des problèmes insolvables. Depuis quinze ans, la question sociale devient de plus en plus urgente et aucun gouvernement n’a réussi à apporter les réponses et les solutions idoines. Depuis quinze ans, ce même peuple qui a voté, tangue entre deux extrêmes. D’un côté un gouvernement islamiste. De l’autre, un gouvernement dit libéral voire ultra libéral. Dans les deux cas de figure, la grogne est toujours de mise. La colère gronde. Le peuple finit dans les rues et maintient son mouvement durant une semaine, avant de fléchir et d’abandonner la partie. Entre temps, il y a eu des morts, des blessés, de graves actes de vandalisme et de destruction des biens publics, avec, à la clef, des personnes condamnés, très vite, par les tribunaux pour donner l’exemple et dissuader tous ceux qui ont noyauté ces manifestations, d’abord pacifistes, pour déstabiliser le pays et atteindre ses institutions.
Puis, il y a eu le 10 octobre 2025. Cette date marque le discours de Sa Majesté le Roi, Mohammed VI, devant les parlementaires pour la rentrée du Parlement marocain, dans sa dernière année législative. D’aucuns ont été surpris par le fait que le Souverain n’ait pas de manière directe parlé des derniers événements qui ont secoué la scène politique et sociale au Maroc. Pourtant tout le discours du Roi a été axé sur ce sujet en appelant toute la classe politique à travailler sérieusement pour répondre d’abord à cette dynamique insufflée par Sa Majesté et répondre aux attentes des citoyens qui ont voté pour ces députés, qui sont dans l’obligation de faire savoir à la classe politiques toutes les préoccupations des populations ainsi que leurs doléances et leurs déceptions. Sa Majesté a été très clair : le peuple a voté et les députés doivent être à la hauteur de cette confiance mise en eux.
Dans ce sens, on ne peut pas exiger la démocratie et attendre que l’on touche à cette même démocratie en démettant de leurs fonctions des ministres et tout un gouvernement, élus démocratiquement ! À un moment donné, on doit se résoudre à savoir ce que l’on veut et ce que l’on attend de soi et des élus dans ce pays ! Certes, le peuple fait et défait les gouvernements, mais dans le cadre des lois et des institutions. Pas par la violence, pas par la destruction des biens publics, pas par des lubies et autres désirs irréalistes. Les élections législatives sont fixées en septembre 2026. D’accord ou pas d’accord avec le gouvernement et les ministres en place, ils doivent finir leur mandat. Et comme aucun ministre ne veut démissionner (ce qui est aussi son droit), il faut attendre septembre 2026, un nouveau scrutin et un nouveau gouvernement. C’est aussi clair que cela. Le peuple peut manifester son refus, son ras-le-bol, sa déception, mais dans le calme, dans la paix, en respectant les institutions puisque c’est ce même peuple qui est sorti en 2011 demander des réformes, qu’il a obtenues. Et comme l’Histoire enregistre tout, on ne peut venir aujourd’hui vouloir réécrire ce qui a été acté. La politique n’est pas une science exacte, certes, tout comme la grogne publique n’est pas une garantie du changement. Le changement passe par les urnes dans tout état de droit qui se respecte. Et le Maroc se respecte et respecte ses institutions.
S’il y a une seule leçon à tirer de tout cet imbroglio, c’est celle-ci : les Marocains en âge de voter doivent réfléchir à plus d’une reprise avant de mettre une enveloppe dans une urne. Il faut aussi se souvenir que c’est anti-démocratique que de vendre son vote, pour 200 dirhams ou 2 millions de dirhams. Il faut aussi retenir ceci de vérifié à travers les âges : chaque peuple a le gouvernement qu’il mérite. Chaque peuple doit faire avec ce qu’il a. C’est comme ça et pas autrement. On aura beau tirer le diable par la queue : l’équation est à zéro inconnu : les députés reflètent le peuple qui les a élus.

Accroche
« Certes, le peuple fait et défait les gouvernements, mais dans le cadre des lois et des institutions. Pas par la violence, pas par la destruction des biens publics, pas par des lubies et autres désirs irréalistes. Les élections législatives sont fixées en septembre 2026. D’accord ou pas d’accord avec le gouvernement et les ministres en place, ils doivent finir leur mandat. Et comme aucun ministre ne veut démissionner (ce qui est aussi son droit), il faut attendre septembre 2026, un nouveau scrutin et un nouveau gouvernement. C’est aussi clair que cela. Le peuple peut manifester son refus, son ras-le-bol, sa déception, mais dans le calme, dans la paix, en respectant les institutions puisque c’est ce même peuple qui est sorti en 2011 demander des réformes, qu’il a obtenues ».