COUPE D’AFRIQUE DES NATIONS 2025 – LE MAROC FAIT LES CHOSES EN GRAND

La capitale du Royaume a montré de manière spectaculaire qu’elle est un veritable hub pour les grands rendez-vous. le plus fréquenté de cette CAN. Le Stade Moulay-Abdellah (68 700 places), entièrement reconstruit et qui accueillera notamment les trois matches du Maroc au premier tour face aux Comores, au Mali et à la Zambie ainsi que la finale, sera l’unique enceinte de la ville à être utilisée lors de la Coupe du Monde 2030 que le pays d’Afrique du Nord organisera avec l’Espagne et le Portugal. Les trois autres – Stade Olyampique Moulay-Abdellah (21 000 places), Al-Barid (18 000 places) et Moulay-Hassan (22 000 places) ont été rénovés ou construits par l’Etat, pour plusieurs centaines de millions d’euros.
En plus du plus grand stade de Rabat, quatre autres, qui, eux-aussi, ont subi des travaux de plus ou moins grande ampleur, seront également concernés par la Coupe du monde 2030. Il s’agit du stade Ibn-Batouta (45 000 places à Agadir), du stade de Marrakech (45 000 places), du stade Mohamed-V (45 000 places à Casablanca qui ne sera pas utilisé en 2030) et du plus grand du pays, le stade Adrar (75 000 places à Agadir). A Casablance, le Maroc a opté pour la construction d’une enceinte nommée Stade Hassan-II dotée de 115 000 places, ce qui en fera la plus grande du monde. Cet immense vaisseau, posé à El Mansouria, dans la province de Benslimane, à un peu plus de trente kilomètres au nord de Casablanca, ouvrira ses portes en 2028 et aura coûté près de 420 millions d’euros, à condition qu’aucun dérapage budgétaire n’intervienne d’ici là. Ces nombreux stades, qui sont utilisés par des clubs et les différentes sélections nationales marocaines, permettent au Royaume chérifien d’être, avec l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Nigeria et la Côte d’Ivoire, membre du cercle très fermé des pays africains disposant de plusieurs enceintes homologuées par la CAF et la FIFA.
Mais les différentes équipes marocaines ne sont pas les seules à bénéficier de la qualité des structures du pays. Ce dernier a organisé ces dernières de nombreuses compétitions continentales (CAN féminine et dans les catégories de jeunes, Championnat d’Afrique des Nations), et il est aussi devenu un endroit particulièrement fréquenté lors des dates internationales par des sélections dans l’impossibilité de jouer à domicile, faute de stades aux normes. Récemment, les matches de barrages de la zone Afrique pour la Coupe du Monde et qui concernaient le Gabon, le Nigeria, le Cameroun et la RD Congo se sont tenus à Rabat.
Le Maroc terre d’accueil des sélections africaines sans stades
Cet afflux régulier est une des conséquences de la politique de diplomatie sportive, notamment axée sur le football, voulue par le Roi Mohammed VI et mise en application par Fouzi Lekjâa, le président de la fédération (FRMF). Plus de quarante partenariats ont été signés avec des fédérations subsahariennes. Celles-ci peuvent ainsi bénéficier de facilités si elles demandent à jouer au Maroc. « Cela passe par des mesures consulaires simplifiées, des prix intéressants pour la location des stades, des terrains d’entraînements, des chambres d’hôtel, etc. », explique un membre de la FRMF.
Le Maroc, qui s’appuie également sur un important parc d’infrastructures hôtelières et dispose de plusieurs aéroports internationaux « mise donc beaucoup sur l’accueil et le confort de ses stades. Il y a d’abord un enjeu organisationnel. Le succès de la CAN passe par la réussite de l’accueil des équipes, des touristes, des sponsors, des partenaires, des institutionnels et des médias », explique Jean-Philippe Guégan, enseignant à Sciences Po et auteur de plusieurs livres consacrés à la géopolitique sportive. « La CAN est considérée comme une répétition grandeur nature de la Coupe du monde 2030. Un test pour les infrastructures d’hébergement et de transport, mais aussi pour la capacité à assurer la sécurité et la stabilité générale du pays. »


