LÉGISLATIVES 2026 – EN ATTENDANT LE NOUVEAU GOUVERNEMENT

Les élections législatives du 23 septembre 2026 ont apporté de nombreux éclairages sur les réalités politiques au Maroc. Le RNI est sanctionné. Le PAM arrive en tête sans dominer. Et le PJD retrouve de nombreux sièges au Parlement. Les autres parties (USFP, MP, PPS et UC) complètent la nouvelle carte politique marocaine.

Les Marocains ont complètement chamboulé le paysage partisan marocain lors du scrutin du 23 septembre 2026. Ils ont changé la donne de manière fondamentale. Leur vote a été tranchant à plus d’un égard. Les résultats traduisent un vote sanction qui rend compte de deux points essentiels à prendre en compte pour lire la nouvelle carte politique marocaine. Premièrement, les Marocains ont décidé de sanctionner le gouvernement sortant et le parti aux commandes, à savoir le RNI, avec ses caciques qui ont donné dans l’amateurisme et l’attentisme les plus basiques, sans aucune audace politique, sans la moindre prise de risque. Deuxièmement, les électeurs ont démontré par les actes qu’ils veulent des changements profonds, qu’ils attendent beaucoup du nouveau gouvernement à qui ils donnent une chance historique à ne pas rater pour se pencher essentiellement sur les grandes urgences nationales, à savoir : la question sociale, la santé, la justice, l’école et l’enseignement, l’habitat et la culture dans ses différentes ramifications et manifestations. À cet égard, il faut revenir aux taux d’abstention et à ce chiffre de 6 millions d’électeurs sur 30 millions éligibles au vote. Cela traduit aussi une volonté certaine de montrer aux différents partis politiques marocains que sans les citoyens, ces formations politiques ne valent rien du tout. Que c’est la base électorale qui est leur raison d’être et leur caution morale pour diriger les affaires d’une nation, résolument tournée vers l’avenir, avec tous les défis que cela suppose. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’écrasante défaite du RNI, un parti usé par l’exercice du pouvoir, un parti fatigué et abîmé par les différents ratages et les nombreuses hésitations dont il a fait preuve par temps de grave crise à la fois humaine, économique et sociale. Autrement dit, un parti au pouvoir qui échoue au moment où les populations ont besoin de lui est un parti qui mérite d’être écarté de l’équation politique pour les prochaines années. Après cinq années où le RNI a eu tout le temps nécessaire d’entreprendre des réformes de fonds en incarnant une politique offensive et pragmatique, c’est aujourd’hui le tour du Parti authenticité et modernité (PAM) de former une alliance politique solide, capable d’incarner véritablement la rupture avec le passé, avec tous ses ratages et ses échecs qui ont ralenti la bonne marche du Maroc.
Pour arriver à mettre sur pied une vision politique réaliste et pragmatique, avec les compétences humaines qui peuvent porter cette vision et la rendre tangible sur le terrain des réalités politiques, économiques, sociales et culturelles, il faut mener des pourparlers sur la base de l’exigence du résultat. Il faut des tractations serrées et profondes pour dégager les femmes et les hommes qu’il faut pour porter ce nouveau projet de société, tel qu’il est détaillé dans le Nouveau modèle de développement, conçu, pensé et réfléchi par une équipe pluridisciplinaire, qui a mené un travail de longue haleine pour sortir avec des directives et des recommandations à la fois crédibles et faisables. Pour être en phase avec ce gigantesque chantier de règne, le nouveau gouvernement est sommé de cibler les priorités et de suivre cette feuille de route tracée de manière claire et limpide par le Roi Mohammed VI, qui vise l’essor du pays pour les deux prochaines décennies, qui seront cruciales et charnières pour installer le Maroc comme un grand leader régional, à la fois dans le Monde arabe, en Afrique et comme le partenaire privilégié de l’Union européenne et des Etats Unis d’Amérique, de la Russie et de la Chine. Dans cette optique, les choix sont simples : Fatima Zahra Mansouri et les membres du parti peuvent former l’ossature du nouveau gouvernement. Car, chacune de ces figures politiques, à sa mesure, dans son département peut démontrer – et c’est là une occasion unique- par les faits et par la rigueur de la gestion des grands dossiers qu’elle est capable de porter cette vision d’un Maroc conquérant, d’un Maroc qui rayonne au-delà des frontières.
Aujourd’hui, où en sommes-nous avec les négociations pour former ce nouveau gouvernement tant attendu par les Marocains, toutes couches sociales confondues ? Pour avoir un gouvernement de compétences, une coalition de technocrates, qui mise sur l’intelligence, nous avons besoin de sang neuf, de nouveaux profils, avec une bonne place pour les jeunes qui en veulent, qui ont la capacité d’assumer leur rôle dans une équation politique qui voit loin et à long terme.