CLASSEMENT MONDIAL DES MEILLEURS SYSTÈMES DE SANTÉ 2025 – LE MAROC A MAL À SA SANTÉ

Selon l’indice des soins de santé par pays en 2025, à fin août, le Maroc fait partie des derniers de la classe au niveau des systèmes de santé dans le monde. Il est classé 95e mondial et devance l’Irak, le Bangladesh et le Venezuela.

Au niveau africain, le Maroc est septième derrière l’Égypte, le Nigéria, l’Algérie, la Tunisie, le Kenya, avec à la première place continentale l’Afrique du Sud.

Au niveau du Monde arabe, le Royaume est loin derrière des pays comme la Jordanie et tous les pays du Golfe.  En Afrique du Nord, le Maroc est le dernier de la classe, derrière l’Égypte, l’Algérie, avec la Tunisie en tête. Ce classement mondial est basé sur une estimation de la qualité globale du système de soins de santé, des professionnels de la santé, de l’équipement, du personnel, des médecins, des coûts, etc. Les scores réalisés par le Maroc dans cet indice de soins ont été évalués en prenant donc en compte plusieurs critères. D’abord, les délais d’attente au niveau des établissements médicaux. Ensuite, la compétence et l’amabilité du personnel soignant. Enfin, la modernité des équipements et l’exactitude des rapports médicaux. 

Cette enquête mondiale a attribué au Maroc un score de 46,37. Très loin des attentes escomptées. Sans oublier la mauvaise note, qui est de 32,97, qui est obtenue au niveau du critère «Satisfaction de la réactivité (attentes) dans les établissements médicaux». Cette réalité se traduit sur le terrain par la vétusté de nombreux établissements médicaux, le manque de réactivité et de suivi, le manque criard d’équipements modernes, le manque de personnel médical…  C’est le cas dans plusieurs centres d’urgences au Maroc, où il y a aussi d’interminables attentes pour être pris en charge. Ce n’est un secret pour personne : les inégalités face aux soins et à l’accès aux médicaments sont criardes au Maroc.  Pour bien se faire soigner, il faut avoir de l’argent. Pour être accepté dans une clinique, il faut d’abord déposer un chèque. Nous l’avons vu et les médias marocains l’ont souligné à maintes reprises : des femmes enceintes ont même donné naissance devant certains établissements de soins parce que n’ayant pas de garantie, comme tel ou tel autre citoyen qui n’a pas pu se faire opérer malgré l’urgence, à cause de sa situation précaire.

On peut citer des exemples vérifiés par plusieurs médias, rendant ainsi compte du retard accusé par le Maroc en termes de qualité de soins. Ce qui explique tous les rapports négatifs qui font du Maroc presque le dernier de la classe au Maghreb, en Afrique et dans le Monde arabe, sans prétention aucune de comparer le système de santé marocain aux pays européens ou asiatiques.

 Il faut savoir que cette situation fait écho au classement mondial de l’Indice de développement humain 2023-2024 publié par le Programme des Nations Unies pour le développement. Le Maroc est à la 120ème place mondiale. Les deux indices sont liés à plus d’un égard, puisque si la santé va très bien, le développement humain réagit de la même sorte et se porte très bien. Si la santé laisse à désirer, la protection et le développement social en pâtissent en conséquence. Cette dialectique inextricable handicape le Maroc à plusieurs niveaux.

Cette question de la protection social pose un problème majeur dans les pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), où les soins de base sont souvent accessibles gratuitement ou à un coût réduit via les structures publiques. Cependant, l’accès aux soins spécialisés et aux médicaments reste un défi, avec des moyens vétustes et une qualité de soins qui laisse à désirer. Dans ce sens, il est vrai que l’accès reste dans plusieurs cas gratuit ou peu coûteux aux soins primaires. Mais, la prise en charge des pathologies lourdes (ex : cancer) dans les hôpitaux publics est loin d’être suffisamment élevée et efficace. et les hôpitaux publics sont souvent sous-financés, avec un manque de matériel et de personnel connus de tous. Ce qui implique une forte dépendance aux structures privées pour les soins spécialisés, entraînant des coûts élevés pour les patients. sans oublier l’exode des professionnels de santé vers l’Europe, aggravant la pénurie locale.

Tous ces facteurs font que dans ce contexte mondial, le Maroc se distingue par une avancée significative certes, avec un IDH de 0,710 en 2023. Ce qui fait que le Royaume rejoint pour la première fois la catégorie des pays à développement humain élevé, malgré le maintien de la 120e position sur 193 pays. Ce résultat reflète une progression de 55,7 % de son IDH depuis 1990, portée par des améliorations notables en espérance de vie (+10,5 années), en accès à l’éducation et en niveau de vie. Toutefois, des défis subsistent : les inégalités (IDH ajusté à 0,517), les écarts de genre (GII = 0,438) et les pressions environnementales (PHDI = 0,679) rappellent l’importance de continuer les efforts en cours vers un développement humain de plus en plus équitable, durable et inclusif. 

Pour rappel, cette note de synthèse, consacrée à la situation du Maroc, a été élaborée par le Bureau du PNUD au Maroc afin d’apporter un éclairage approfondi sur les indicateurs nationaux du développement humain.