INTELLIGENCES ARTIFICIELLES – EST-CE LA FIN DE L’HOMME ?

C’est la grande inconnue de notre temps. Depuis plusieurs décennies, l’intelligence artificielle fait partie intégrante de nos vies, à tous les niveaux et dans tous les domaines. Sa présence est telle qu’elle a déjà supplanté les humains dans divers secteurs remplissant de nouveaux rôles et relevant de nos défis technologiques. Certes, il s’agit là d’une grande avancée des sciences et de la technologie humaine, mais cette marche vers le tout artificiel, le tout robotisé, avec des super ordinateurs qui se passent de l’expertise des humains ne va pas sans problèmes, sans dérives, sans dangers et sans dégâts. Ce qui nous autorise aujourd’hui à étudier de près les limites de cette intelligence artificielle mise en avant comme la panacée mais non sans conséquences à tous les étages de la vie humaine.

«Devons-nous laisser les machines inonder nos canaux d’information de propagande et de mensonges ? Devrions-nous automatiser tous les emplois, y compris ceux qui sont gratifiants ? Devons-nous développer des esprits non humains?» Cette mise en garde rédigée à plusieurs mains par plus d’un millier de scientifiques dans le monde pose les jalons de notre réflexion sur les intelligences artificielles, leurs apports à l’humanité, leurs limites, leurs dangers et les menaces sérieuses et irréversibles qu’elles font planer sur une humanité en déshérence, en manque de repères, en perte de vitesse dans de nombreux domaines de la vie dont notamment une profonde et durable crises des valeurs doublée d’une déperdition de toute éthique humaniste.

Pour Albert Einstein, l’un des esprits les plus vifs que l’humanité ait connu, «l’intelligence artificielle ne fait pas le poids face à la stupidité naturelle». C’est là le point nodal de toute cette équation à plusieurs inconnues. Les humains peuvent perfectionner rendre sophistiquées toutes les intelligences possibles, ont-ils assez d’intelligence, eux, pour ne pas tomber dans des dérives dévastatrices ? Cèderont-ils à la tentation irrépressible de jouer à Dieu ou auront-ils assez de recul pour mesurer tous les dangers que cela implique pour cette humanité ? Tout porte à croire que les hommes vont aller chercher le pire, vont se surpasser en surenchères pour inventer l’horreur suprême comme cela a été le cas durant toute l’histoire humaine où plus la technologie avance plus la mort menace, plus les catastrophes provoquées par les hommes se répètent avec des guerres mondiales, avec l’invention de la bombe nucléaire et tout l’arsenal qui s’en est suivi menaçant de plonger la planète dans un holocauste sans précédent. Dans. Ce sens, je cite cette phrase d’un homme qui ne brille pas toujours par son acuité, mais qui, là, pense juste, Elon Musk, qui dit : «l’intelligence artificielle est potentiellement plus dangereuse que les armes nucléaires» avant d’ajouter qu’ «avec l’intelligence artificielle nous invoquons le démon». Un monstre hybride qui peut décimer cette humanité, déjà fragilisée et en fin de cycle, cherchant par tous les moyens (stupides surtout) comment en finir avec elle-même. Pourtant, nous le savons depuis un siècle, ce progrès des intelligences, s’il n’est pas maîtrisé et soumis à une éthique inviolable, est capable de précipiter l’humanité dans le chaos. D’ailleurs, aujourd’hui, les avancées les plus spectaculaires en termes d’intelligence artificielle sont destinées à l’armement et au perfectionnement des systèmes d’attaques et de défense. Tous les autres domaines viennent loin derrière ce premier objectif de dépasser tous les autres en inventant l’arme suprême qui peut en finir avec tout le monde. Cela a été le cas en 1914, c’est le cas aujourd’hui en 2026. D’ailleurs, vous pouvez lire un développement de ce point dans un encadré consacré aux intelligences artificielles et à la guerre dans ce même dossier.

De grands risques

Présente dans des domaines aussi variés et stratégiques que la santé, l’économie et la finance, l’industrie dans ses nombreuses variations et les transports, l’information et l’informatique, le nucléaire, les industries de pointe et les nanotechnologies…, l’intelligence artificielle fait face aujourd’hui à de nombreuses failles et lacunes. Des limites qui, jusque-là demeurent insurmontables.
D’abord, les observateurs qui étudient les effets de l’IA tentent de mettre le doigt sur les limites évidentes telles que notées et répertoriées dans de nombreux domaines. Le premier point qui revient le plus souvent est celui lié au bon sens. Pour les analystes, l’une des plus grandes limites de l’IA est son incapacité à posséder du bon sens. Qu’est-ce que cela veut-il dire en termes clairs? C’est simple: nous sommes face à des constantes : « formées à l’aide d’ensembles de données et d’algorithmes spécifiques, qui ne peuvent prendre des décisions qu’en fonction des informations sur lesquelles ils ont été formés. Ils n’ont pas la capacité de penser au-delà de ce sur quoi ils ont été formés et ils n’ont pas la capacité d’appliquer le bon sens à de nouvelles situations », comme on peut le lire dans un rapport du MIT à l’université de Harvard dans le Massachusetts, aux USA. Ce qui se traduit par le fait que Les systèmes émanant des intelligences artificielles ont la capacité d’opérer des calculs complexes et de résoudre des problèmes dans des laps de temps très réduits, mais sans avoir cette faculté de l’intuition et du contexte environnemental lié à telle ou telle sujet et problématique à résoudre, que seuls les humains possèdent et peuvent faire valoir dans leur traitements des calculs les plus poussés et les plus ingénieux comme c’est le cas des mathématiciens qui font interagir leurs pensées certes mais aussi leur imagination, leur instinct et le contexte dans lequel ils évoluent. Par exemple, l’ «Intelligence Artificielle pourrait être capable d’identifier des objets dans une image, mais il aurait du mal à comprendre la signification derrière l’image. De même, un système d’IA pourrait être capable de traduire des mots avec précision, mais il aurait du mal à comprendre les nuances culturelles et le contexte de la langue », précise le même rapport, publié en 2026.

Le deuxième point soulevé par les spécialistes touche la créativité limitée des intelligences artificielles dans ce sens, que malgré le fait que celles-ci soient capables Bien que cette dernière puisse générer de nouvelles idées et des solutions, il leur manque les aptitudes à la créativité et à l’innovation face aux difficultés, des atouts que possèdent les humains et pas les machines aussi sophistiquées soient elles. «L’Intelligence Artificielle ne peut générer des idées que sur la base des données sur lesquelles ils ont été formés, et ils ne peuvent pas proposer d’idées ou de concepts complètement nouveaux. Par exemple, l’ « IA pourrait être capable de composer un morceau de musique basé sur un ensemble de règles, mais il ne serait pas capable de créer un morceau de musique vraiment unique qui ne soit basé sur aucune règle préexistante », nous disent les chercheurs. Cette limite nous mène directement à un troisième point essentiel lié au manque de ce que les chercheurs nomment l’intelligence émotionnelle. Pour l’ensemble de la communauté scientifique, les intelligences artificielles manquent d’intelligence émotionnelle, celle-ci étant la capacité de comprendre et de répondre aux émotions humaines. Selon les analystes, «Bien que l’IA puisse reconnaître certaines émotions, telles que la colère, le bonheur ou la tristesse, elle ne peut pas vraiment comprendre la complexité des émotions humaines ou y répondre de manière appropriée». Ce qui nous met face à l’appellation même de ces intelligences dites justement artificielles puisqu’elles demeurent à la surface des choses, puisqu’elles ne peuvent en aucun cas dépasser la façade pour sentir l’infinie ramification des sentiments humains.
Car, ces émotions humaines sont loin d’être simples et uniformes. Elles sont au contraire complexes et souvent dépendantes du vécu, de l’héritage, de la génétique, du milieu social et économique, de la culture et de l’identité propre à chacun d’entre nous. Face à cette complexité, l’Intelligence Artificielle a du mal à comprendre les nuances de l’expression émotionnelle. Elle se contente de mettre les données dans des cases et de les cocher comme si les émotions humaines pouvaient être cataloguées en schémas et autres logiciels.

Des erreurs et des approximations

La quatrième limite réside dans les systèmes mêmes des intelligences artificielles dont la base même est de dépendre de la qualité des données sur lesquelles ils sont formés. Pour les observateurs, les choses sont simples: «Si les données sont biaisées ou incomplètes, cela peut conduire à des résultats inexacts et à des décisions biaisées. De plus, les systèmes intelligents ne peuvent pas apprendre à partir de données non disponibles, ce qui peut limiter leur capacité à prendre des décisions dans certaines situations. Enfin, si le système d’IA n’a pas accès à suffisamment de données, ses performances seront limitées ». Ce qui est le cas des IA dans tous les domaines de compétences dans lesquels elles sont utilisées comme en médecine, en biologie moléculaire, en astronomie et astrophysique, en chimie des particules et autres sciences de pointe. Pour les scientifiques, cette limite est liée à une autre, ayant trait à la dépendance vis-à-vis des ressources de calcul. Ce qui veut dire que les systèmes d’IA font appel à d’importantes ressources de calcul pour pouvoir optimiser leur fonctionnement. «Cela signifie qu’ils sont souvent limités par la quantité de puissance de traitement, de mémoire et de stockage dont ils disposent. Cela peut limiter leur capacité à gérer de grands ensembles de données ou à effectuer des calculs complexes en temps réel », comme le précisent les chercheurs du MIT.
Ces limites sont aussi liées à d’autres manques comme les limites éthiques et sociales. Dans ce sens, les intelligences artificielles, en dépit de leur avancement, n’arrivent pas à s’adapter aux impératifs réels de la vie humaine. C’est plutôt le contraire qui s’est produit, car, ces intelligences prennent déjà des décisions qui affectent négativement des vies humaines, qui impactent les sociétés, avec des conséquences sociales et humaines très graves, car les implications éthiques de leurs décisions mettent en danger les systèmes humains des valeurs. Ce qui est un véritable danger qui menace de plus en plus les sociétés humaines, de plus en plus victimes de l’hégémonie de la machine, du robot et des logiciels qui vont finir par l’annihiler voire le faire disparaître en l’asservissant. On le voit déjà, dans de nombreux secteurs, la machine a déjà mis les humains au placard et les choses avancent tellement vite que les observateurs s’inquiètent sérieusement de ce qu’ils appellent la fin de l’homme.
Enfin, reste une dernière limite répertoriée par les scientifiques. Elle concerne le manque de transparence de l’Intelligence Artificielle. Ce manque a des conséquences comme de limiter leur capacité à faire confiance aux humains. Encore un point qui tend à mettre les hommes à l’écart. Ce qui demeure très inquiétant est cette grande difficulté de comprendre comment les systèmes d’IA prennent des décisions ou pourquoi ils sont arrivés à une conclusion particulière. « Ce manque de transparence peut limiter la capacité des humains à vérifier l’exactitude des décisions de l’IA et peut rendre difficile l’identification et la correction des erreurs », alertent les chercheurs qui sont conscients que face à l’Intelligence artificielle qui continue de se développer, les ingénieurs dans tous les domaines sont obligés de trouver des remèdes efficaces et infaillibles à ces limites en travaillant à l’amélioration des capacités des systèmes intelligents. Mais comment y arriver sans écarter les humains? Comment réussir ce pari de complémentarité entre les humains et les intelligences artificielles? Comment ne pas céder aux sirènes du désastre ? Comment se limiter traçant des lignes à ne jamais dépasser alors que nous savons qu’il y a des savants fous qui ne reculeront jamais devant rien pour tenter le diable et l’apprivoiser ouvrant la boîte de Pandore ?