6 MILLIONS SUR 40, QUAND LA POLITIQUE SE JOUE SANS LES MAROCAINS

Dans un Maroc qui compte près de 40 millions de citoyens, avec 30 millions de Marocains en âge de voter, seulement 6 millions ont jeté une enveloppe dans une urne dans une liste électorale qui compte 15, 8 millions d’inscrits. Ce qui donne un taux d’abstention qui frôle les 10 millions sur les inscrits et 24 millions de citoyens qui ont fait comme si ces élections législatives n’avaient tout bonnement pas lieu. Ces indicateurs montrent à quel point la politique au Maroc se fait sans les bases citoyennes. 6 millions sur 40 millions, c’est epsilon. Et il faut le lire comme un camouflet pour tous les partis politiques au Maroc, du PAM, vainqueur, aux gauches perdantes en passant par les libéraux, les islamistes, les conservateurs, les démocrates et autres formations partisanes.
Avec 38,08% de votants au niveau national, soit près de 6 millions d’électeurs, nous sommes loin des 50,86% lors des législatives de 2021 et des 42,27% en 2016. C’est dire le ras-le-bol des populations et le manque de confiance qui caractérise les relations entre partis politiques et bases citoyennes.
Alors une question : ce chiffre de 6 millions sur 40, il représente qui au Maroc ? Quelle légitimité peut donner 6 millions de voix répartis entre 28 partis politiques plus deux candidatures dites sans partis ? Quand le parti vainqueur ne totalise même pas 2 millions de votants, d’où peut-il tirer sa légitimité quand on sait que 28 millions de Marocains en âge de voter ont répondu absents ? La réponse tient en une phrase : le jeu politique se joue sans l’écrasante majorité des Marocains. Autrement dit, les partis politiques et leurs chefs doivent s’en tenir aux vérités qui irradient de clarté : le Marocain ne leur fait aucune confiance. Et il le fait savoir par les voies de la démocratie, c’est-à-dire les urnes.


