PROTECTION DES ESPACES VERTS DE CASABLANCA – LA FORÊT DE BOUSKOURA RESPIRE ENFIN

Délaissée durant de longues années, la forêt de Bouskoura était devenue un espace insalubre, desséché et laissé à l’abandon, avec des milliers de visiteurs qui en avaient achevé l’agonie. Depuis presque une année, sous l’impulsion de la mairie de Casablanca, la forêt reverdit et retrouve sa santé.
C’est l’exemple par excellence pour vérifier que quand on s’occupe de la protection de la nature, notamment les espaces verts, la nature nous le rend très bien. Poumon de la métropole économique du pays, la forêt de Bouskoura, s’étend sur un espace assez considérable et peut contribuer à lutter contre la pollution de la ville industrielle, en offrant aux Casablancais et aux riverains un bel espace pour se ressourcer et rester proches de la nature. Sauf, que durant des années, chaque week-end, ce sont des dizaines de milliers de Casablancais qui se rendaient dans la forêt de Bouskoura pour passer un moment de détente, en famille, en groupes, avec des amis, en couple, seul voulant fuir la ville et son bruit de ferraille. Ce sont aussi des dizaines, voire des centaines de petits commerces qui gravitent autour de la forêt, chaque jour, offrant du thé, du café, des crêpes marocaines, de la «harcha», des tajines, du «leben», du «saikouk», des «mlawi au khli3», des cacahuètes, des bonbons et même des légumes, des œufs et du pain fait maison juste dans les douars avoisinants. Nous sommes face à tout un microcosme qui tente de vivre en faisant du commerce surtout en fin de semaine avec l’afflux d’un grand nombre de personnes vers la verdure de la forêt. Sauf que toutes ses activités anarchiques, avec des gens qui venaient cuisiner sur place, à l’intérieur de la forêt, brûlant l’herbe et laissant des montagnes de détritus, avait fini par asphyxier ce bel espace qui n’avait plus ni verdure, ni attraits, ni calme ni oxygène pour absorber toute ce fourmillement négatif qui a lourdement impacté l’écosystème forestier. Il y a juste un an, les arbres qui souffraient de la sécheresse et du manque d’entretien, présentaient presque tous une santé très fragile luttant contre les éléments et le mauvais traitement infligés par les visiteurs. Surtout quand on sait que cette forêt est une monoculture du même arbre par dizaines de milliers, avec un sol jonché de feuilles mortes qui s’accumulent depuis des lustres. Partout des détritus, des bouteilles jetées au sol, des paquets éventrés, des débris de verre, des canettes, voire même des serviettes hygiéniques ! Sur des dizaines de kilomètres carrés, pas un seul abri, pas une seule table, pas une seule chaise où l’on peut s’asseoir, pique-niquer, manger, avec des poubelles, chaque cinquante mètres pour éviter de rendre cette forêt une véritable décharge publique et un dépotoir inhospitalier. Pourtant, les gens y allaient en groupes, en famille. Ils accourent, parce que pour des centaines de milliers de Casablancais c’est l’unique forêt où l’on peut aller se dépayser un tant soit peu. Alors, ils font avec ce qu’ils ont et contre mauvaise fortune bon cœur. Face à cette situation délabrée, chacun y va de ses moyens. On amène des serviettes, des draps, des parasols, son brasero, sa théière, son boire et son manger avec soi et on se fait une place sur les feuilles mortes et brûlées par le soleil et le manque d’eau. Elles sont de nombreuses familles au complet, par terre au milieu de la poussière soulevée à chaque coup de vent qui fait fi des conditions d’hygiène et qui mangent et partagent un moment loin de chez eux. Cela leur fait une sortie, quelle que puisse être la saleté de la forêt et son manque criard d’équipements. Il n’y a même pas de toilettes ni de cabines d’eau. Rien. Débrouillez-vous, la nature accueille tout. Quant aux petits, ils n’ont rien pour égayer leurs journées, pas de jeux, pas de gazon pour y gambader, pas de bacs à sable, strictement rien. Juste les feuilles mortes qui craquent sous les pieds.
C’est face à ce désastre écologique que les autorités de la ville, en la personne de la maire de Casablanca, Nabila Rmili, ont décidé de sauver ce joyau naturel. Mieux, cette forêt peut aussi devenir un espace fort rentable. Il suffit de le vouloir pour la doter de cafés, de restaurants, de sentiers cyclables, de tables de pique-nique, de toilettes publiques, d’airs de jeux, d’un petit jardin botanique qui servira même de musée naturel pour les visiteurs. Cela va créer de l’emploi en offrant à des milliers de personnes des occasions de faire du commerce. Imaginez le chiffre d’affaires que l’on peut générer entre le vendredi et le dimanche, chaque semaine, sans parler des autres jours ! Des snacks contrôlés pour éviter des affaires d’intoxications alimentaires, des cafés au cœur de la forêt par dizaines, des restaurants, des épiceries pour vendre de l’eau, limonade, biscuits, chips et d’autres produits, des boutiques pour vendre des casquettes et autres chapeaux. Il y a tellement à faire dans cette immense étendue tout en rendant la forêt belle, accueillante, verdoyante et sécurisée. Non seulement, c’est toute une économie locale qui va en profiter, mais tous les aficionados du grand air. On peut même y créer de petits lacs artificiels qui pourront accueillir quelques espèces d’oiseaux et participer ainsi à la survie de tout un écosystème de faune et de flore bénéfique pour toute la région. C’est ce qui se précise depuis que la ville a décidé de protéger sa forêt. L’espace a retrouvé des couleurs. Avec une bonne saison pluvieuse, la forêt est redevenue verdoyante. Le sol est tapissé d’herbes et de fleurs. Un nettoyage en bonne et due forme a débarrassé la forêt de tous les détritus et autres parasites. Les arbres sont plus verts et plus costauds, sans oublier que cet espace est enfin débarrassé des fumées, de l’absence de civisme des visiteurs qui ont failli en finir avec ce poumon qui offre un bol d’air frais à toute la ville. Reste à capitaliser sur cette belle saison hivernale qui offre déjà un printemps radieux et promet de beaux jours devant cette forêt qui peut devenir l’une des destinations les plus prisées des Casablancais et des touristes comme l’est Central Park à New York.
Encadré
L’aménagement du domaine forestier sera organisé autour de 4 grands secteurs:
Le petit canton : Evasion sportive. Quatre aires de jeux. Circuit pédestre / vélos. Un faré d’accueil. Sanitaires. Un restaurant. Grande allée. Cinq portes d’accès
La forêt laboratoire : Sensibilisation à l’écosystème. Aire de jeux. Maison de l’écologie et des écosystèmes / volière. 2 farés d’accueil. Sanitaires
La forêt découverte : Connaissance de la faune et la flore. Dix abris. Parcours sensoriels. Clairière ludique. Sanitaires. 2 Farés. Zone de repos. Aire de jeux
La grande forêt : Le biorythme forestier avec Mirador et des Circuits et aménagements
Composantes additionnelles : Aménagement de l’unité équestre pour la Gendarmerie Royale, avec la réalisation de trois brigades : une brigade canine et une brigade vélo en faveur de la Gendarmerie Royale et une brigade des escouades en faveur des Forces Auxiliaires.